Le bruit des métros : Une réalité à laquelle nous sommes confrontés
Chaque jour, des millions de personnes prennent le métro, un moyen de transport souvent salué pour son efficacité et sa rapidité. Cependant, cette expérience quotidienne est souvent assombrie par un problème majeur : le bruit. Des chuchotements aux gémissements, le métro émet une gamme de sons, mais l’un des plus connus est le chirrido, ce bruit désagréable qui peut rendre les trajets inconfortables. Alors, pourquoi ce son est-il si omniprésent ?
Les causes du bruit : Les roulements et les rails
Le problème principal du bruit dans le métro réside dans les roues et les rails. Selon Soledad Torres Guijarro, professeur à l’Université de Vigo, l’origine de ce bruit provient de la rugosité des roues et des rails. Ce phénomène est connu et étudié depuis près de cinquante ans, et il concerne non seulement le métro, mais aussi l’ensemble du réseau ferroviaire. Les traverses, qui soutiennent les rails, peuvent également vibrer et contribuer à la diffusion des sons.
Les tunnels : Amplificateurs de bruit
Lorsque le train circule dans des tunnels, la situation se complique. Contrairement aux voies ferrées extérieures, les tunnels sont des espaces confinés qui réverbèrent et amplifient le bruit. Un étude menée en mai 2022 a révélé qu’il existe un nombre restreint de personnes exposées à des niveaux de bruit dépassant les limites établies. Cependant, même un petit nombre peut soulever des préoccupations quant à la qualité de vie des usagers.
Ce plan montre les niveaux de bruit dans une zone couverte par la Ligne 5 du Métro en 2022. Source : Communauté de Madrid / Cecor.
Les courbes : Un facteur aggravant
Le bruit est accentué dans les courbes serrées, où la friction entre les roues et les rails provoque des sons stridents. Ces vibrations engendrent également des bruits supplémentaires, comme le “clic-clac” produit par l’écartement des rails, une mesure nécessaire pour la dilatation thermique.
Des solutions en cours
Pour atténuer ce phénomène, plusieurs solutions ont été envisagées. Par exemple, le passage de freins à disque au lieu de freins à soulier a permis une réduction significative des bruits. Les freins à disque sont plus silencieux, car ils n’agissent pas directement sur la surface de la roue. Cette innovation technique montre que des progrès sont possibles.
Des investissements dans la technologie
Une autre option est l’utilisation de roues plus petites. En effet, moins la surface vibrante est grande, moins elle a de capacité à générer du bruit. Cependant, comme l’indique Soledad Torres, la rugosité des rails demeurera toujours une préoccupation.
Les exemples internationaux
Dans certaines villes comme New York, des efforts ont été déployés pour réduire le bruit. Les traverses en béton sont souvent recouvertes de caoutchouc, ce qui contribue à atténuer les vibrations. De plus, des panneaux insonorisants sont installés dans les stations pour absorber le bruit. Ce type d’initiatives devient de plus en plus courant, à l’instar des écrans acoustiques récemment installés dans le métro de Vizcaya.
Recommandations de l’OMS
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a également émis des recommandations précises concernant le bruit. Selon un document révisé en 2022, le niveau de bruit issu des trains ne devrait pas dépasser 54 décibels, et cela doit même descendre à 44 décibels durant la nuit. Les experts conseillent des techniques comme le rectification des rails pour supprimer les déformations entraînant une résonance excessive.

Directives de l’OMS sur le bruit ferroviaire.
Réglementations en Espagne
En Espagne, la réglementation concernant le bruit est définie par plusieurs lois, dont la loi 37/2003 sur le bruit. Ce texte vise à protéger les citoyens des nuisances sonores, avec des limites spécifiques à respecter. En milieu résidentiel, par exemple, le niveau de bruit admissible est de 65 dB, ce qui reflète une préoccupation grandissante pour la santé publique.
En somme, la lutte contre le bruit émis par le métro est un défi complexe nécessitant des efforts concertés à la fois au niveau technologique et réglementaire. Alors que nous nous appuyons de plus en plus sur les transports publics, il est essentiel de trouver des solutions efficaces et durables pour améliorer le confort des usagers.

