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Le géant des puces Intel a décidé d’abandonner définitivement son projet de construction d’une usine à Magdebourg. Ce choix fait suite à d’importantes pertes financières qui ont conduit à des licenciements massifs.
Intel a annoncé qu’il ne poursuivrait pas la construction de l’usine prévue en Allemagne, ainsi que d’un autre site en Pologne. Le contexte de cette décision est marqué par des pertes se chiffrant en milliards, ce qui a conduit la direction à envisager des suppressions d’emplois.
Le PDG d’Intel, Lip-Bu Tan, a déclaré qu’environ un quart des 100 000 postes disponibles au sein de l’entreprise seraient supprimés. La majorité des licenciements ont eu lieu au début du mois de juillet, tandis que les autres emplois seraient réduits par le biais de la flottaison naturelle et “d’autres mesures”.
3 000 emplois auraient dû voir le jour en Saxe-Anhalt
Intel avait initialement prévu de construire deux usines de puces en Saxe-Anhalt. Le premier coup de pioche était prévu pour 2024, avec la promesse de créer environ 3 000 emplois. L’investissement projeté était estimé à environ 30 milliards d’euros, avec l’appui du gouvernement fédéral, qui avait offert 9,9 milliards d’euros en aides pour le projet.
En septembre dernier, il avait été annoncé que la construction de l’usine serait retardée de deux ans. Cependant, la situation a rapidement évolué, et le précédent PDG, Pat Gelsinger, a quitté ses fonctions fin 2024. Son successeur, Tan, a opté pour un plan de réduction drastique des coûts afin de stabiliser les finances de l’entreprise.
Gelsinger avait auparavant déclaré que l’usine de Magdebourg utiliserait les méthodes de production les plus modernes pour aider Intel à rattraper ses concurrents. Le début de la production avait été initialement prévu pour 2027 ou 2028.
Près de trois milliards de dollars de perte
Intel a révélé l’annulation de ses projets en Allemagne en même temps que les résultats financiers du dernier trimestre. Le chiffre d’affaires est resté stagnant à 12,9 milliards de dollars (10,98 milliards d’euros). En conséquence, la société a enregistré une perte de 2,9 milliards de dollars, après avoir déjà subi des pertes de 1,6 milliard de dollars l’année précédente.
Autrefois à la pointe de l’industrie des semi-conducteurs, Intel a vu sa position se dégrader, en grande partie à cause de la concurrence accrue dans le secteur des smartphones. Alors qu’Intel espérait transférer sa force du marché des PC vers les appareils mobiles, ce secteur a été dominé par des processeurs plus économes en énergie. Ainsi, les puces pour smartphones ne proviennent plus d’Intel, mais de concurrents tels que Qualcomm ou TSMC. De plus, dans le domaine des puces pour l’intelligence artificielle, Nvidia maintient une avance significative.
L’annonce d’Intel marque un tournant significatif dans le paysage industriel européen, mettant en exergue les vulnérabilités d’un secteur technologique en constante évolution. La décision de renoncer à d’importants projets souligne non seulement les défis financiers auxquels le géant des puces est confronté, mais également les nouvelles dynamiques de compétitivité qui façonnent l’avenir de l’industrie microélectronique. La perte de ces emplois en Allemagne pourrait avoir des répercussions sur l’économie locale et la chaîne d’approvisionnement technologique, incitant d’autres entreprises à reconsidérer leurs stratégies d’implantation en Europe face à l’instabilité du marché.
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