Le modèle de la santé publique-privée en Espagne

Le secteur de la santé en Espagne a été le point de départ d’un dialogue remarquable concernant l’intégration des systèmes public et privé. Lors d’un récent événement organisé par Europa Press, le secrétaire général de l’Alianza de la Sanidad Privada Española (ASPE), Luis Mendicuti, a qualifié de “succès” le modèle espagnol de collaboration entre les deux secteurs.

Cette approche, qui s’articule autour de modèles tels que Muface ou le modèle Alzira, suscite un intérêt croissant, tant sur le territoire national qu’à l’étranger. Mendicuti a par ailleurs souligné que, malgré son succès avéré, ce modèle est souvent remis en question.

Des exemples de collaboration réussie

Mendicuti a mis en avant différents exemples de collaborations fructueuses, notamment le système baléare où l’administration publique utilise toutes les ressources disponibles pour orienter les patients vers des centres de santé publics ou privés selon les besoins. Cela inclut également des initiatives pour identifier des donneurs d’organes et des programmes de vaccination en collaboration avec des hôpitaux privés à Madrid.

Il a noté que d’autres pays observent le modèle espagnol avec une curiosité presque enthousiaste, ce qui témoigne de l’efficacité et de la flexibilité de la coopération public-privé dans des domaines tels que le pharmaceutique ou le technologique.

Les défis de la coopération

Bien que la collaboration entre les secteurs public et privé soit perçue comme bénéfique, de nombreux préjugés et controverses idéologiques persistent. Mendicuti a déclaré que la perception erronée de la santé privée comme une menace pour la santé publique complique souvent les efforts de collaboration.

Il a insisté sur le fait que la santé privée doit jouer un rôle complémentaire et non supplétif à celui du secteur public. Les responsables politiques doivent être en mesure de percevoir cette complémentarité et de planifier adéquatement les ressources pour répondre aux besoins de la population.

Les perspectives d’avenir pour les assurances santé

Enrique de Porres, le directeur général d’ASISA, a ajouté que l’intérêt croissant des pays étrangers pour le modèle espagnol découle du rôle direct des assureurs dans la gestion des soins de santé. Contrairement à d’autres pays où l’assurance joue le rôle d’un intermédiaire financier, en Espagne, les assureurs sont directement impliqués dans le service sanitaire.

De Porres a fait valoir que pour répondre à des défis tels que le vieillissement de la population et la montée des maladies chroniques, il est essentiel de renforcer le financement privé.

Établissement de critères pour optimiser l’investissement

Pour relever ces défis, De Porres a suggéré des critères précis qui orienteraient les investissements privés dans le secteur. Il a également souligné la nécessité de définir clairement le rôle de la structure assistancielle privée au sein du système public.

Il a exprimé une préoccupation particulière quant aux niveaux de collaboration dans la prestation de services dans un paysage sanitaire où le public domine, souvent à la limite de l’asphyxie pour le secteur privé.

Le modèle de Madrid comme exemple de réussite

Manuel Arnot, directeur de la stratégie du Groupe Viamed Santé, a déclaré que les hôpitaux privés doivent s’ériger en soutien au système sanitaire. Cependant, il a également fait part de son souhait d’une meilleure planification de cette collaboration, ainsi que d’un cadre clair pour la rendre plus efficace.

Il a salué les efforts de la Communauté de Madrid en tant que “grand modèle de succès” dans la collaboration public-privé. Ce modèle permet notamment de réduire les délais d’attente pour les interventions chirurgicales, grâce à une approche intégrée impliquant tous les acteurs du système.

José Nieves, directeur de l’Agence de Contratation Sanitaire de la Communauté de Madrid, a précisé que le secteur public et le secteur privé ne doivent pas être considérés comme des adversaires, mais comme des composantes d’un même écosystème. Ce système a fait de Madrid l’un des meilleurs en Espagne et en Europe, ce qui a entraîné une hausse continue du financement sanitaire et la construction de nouveaux centres de santé.

Enfin, Nieves a souligné que la recherche et la formation sont essentielles pour garantir un niveau de soins de santé adéquat, et que la coopération doit inclure tant les succès que les risques de gestion, car la véritable valeur de la collaboration public-privé réside dans l’amélioration des soins aux patients.



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