L’essor de l’aquaculture : un avenir prometteur pour la pêche mondiale
De nos jours, la pêche en mer ouverte est en déclin, surtout si l’on considère qu’environ 50 % du poisson que nous consommons provient désormais de l’ aquaculture . Cette méthode élève les poissons dans des installations contrôlées , souvent éloignées des côtes. L’aquaculture, qui connaît une expansion notable, génère plus de poisson destiné à la consommation humaine que la pêche traditionnelle, selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture). En effet, l’Espagne est à la pointe de cette industrie en Europe, comptant plus de 5 000 centres opérationnels et une variété d’espèces allant de la truite arc-en-ciel aux moules galiciennes .
Il est fascinant de constater que le développement le plus ambitieux de cette industrie ne se trouve pas uniquement sur terre ou à proximité des côtes. Un exemple frappant est donné par le Suhai-1 , le premier navire aquacole intelligent au monde, récemment lancé par la Chine. Ce vaisseau révolutionnaire est capable de naviguer, d’élever et de traiter le salmón sans jamais revenir au port.
Une méga-structure flottante révolutionnaire
Le Suhai-1 mesure près de 250 mètres de long et peut transporter jusqu’à 132 000 tonnes . Il dispose de 15 compartiments de culture pouvant contenir un volume d’eau équivalent à 33 piscines olympiques . Tous les aspects de ce navire sont automatisés : de l’alimentation à la gestion de l’oxygène, en passant par la simulation de la lumière naturelle et la gestion des déchets. Ce projet a été réalisé par la société CSSC Huangpu Wenchong Shipbuilding .
Une particularité remarquable de ce navire est sa capacité à naviguer. Contrairement aux fermes maritimes traditionnelles, souvent ancrées à des zones côtières, le Suhai-1 peut se déplacer vers des zones offrant des conditions optimales pour la croissance du saumon, notamment dans les eaux froides de la mer Jaune.
Cette opération flottante innovante nécessite peu d’entretien en cas de mauvaise météo ou de marée rouge . En effet, le navire est capable de se déplacer rapidement vers des zones plus sûres, avec une vitesse maximale de 18 km/h et une autonomie de 20 000 milles nautiques , pouvant fonctionner sans escale pendant 90 jours .
La première mission du Suhai-1 sera d’aller vers les eaux froides de la mer Jaune, où la température se situe entre 10 et 18 degrés , un environnement idéal pour le saumon. Ce navire vise à maintenir les poissons dans leur cadre de vie optimal, depuis l’élevage jusqu’à leur maturité.
Une fois le saumon prêt, le navire est équipé de systèmes permettant de le transformer à bord : filetage, emballage et conservation, prêtes à être distribuer. Selon les opérateurs, le produit peut atteindre les marchés chinois en moins de 24 heures après la capture.
Une gestion automatisée pour une production optimale
Le Suhai-1 abrite des systèmes intelligents qui régulent cinq éléments clés : l’eau, l’oxygène, l’alimentation, l’éclairage et la gestion des déchets. Tout est surveillé en temps réel et coordonné depuis un centre de contrôle central à bord. Ce système garantit un environnement propice à l’élevage des poissons.
L’alimentation est gérée de manière automatisée, avec des algorithmes ajustant la quantité de nourriture selon le stade de croissance des poissons. De plus, le navire intègre des capteurs environnementaux et des systèmes de filtrage, ainsi qu’une usine de transformation industrielle capable d’opérer en mode réfrigération rapide ou congélation.
Dans des conditions optimales, le saumon peut rapidement être commercialisé après avoir été à bord du Suhai-1 . Ce projet répond à une demande croissante, car la Chine est devenue le marché de saumon à la croissance la plus rapide au monde, avec un consommation estimée à 1,76 milliard de dollars en 2024, représentant une augmentation de 21 % par rapport à l’année précédente.
Cependant, la production locale reste insuffisante pour satisfaire cette demande. Les exploitations en terre ou en filets fixes produisent moins de 50 000 tonnes par an , tandis que les importations restent importantes. Le Suhai-1 vise à réduire cette dépendance avec des prévisions de libération des premiers alevins cet automne, espérant une récolte pour le Festival du Bateau-Dragon de l’année suivante.
Une vision d’avenir pour l’aquaculture
La Chine, à travers des projets comme le Suhai-1 , cherche à démontrer son expertise en matière d’ingénierie et de technologie. En Europe, l’aquaculture a une longue histoire, avec des pratiques remontant à l’Antiquité. L’Espagne, par exemple, a développé une culture aquicole riche, des bateaux galiciens pour les moules jusqu’aux étangs du sud pour le poisson.
En résumé, le Suhai-1 n’est pas qu’une prouesse technologique ; il répond à un besoin croissant en produits de la mer, illustrant comment l’ aquaculture peut jouer un rôle crucial pour l’avenir de notre alimentation. Ce navire symbolise une étape significative vers la modernisation et l’efficacité de la production aquacole à l’échelle mondiale.

