Un nouveau matériau respectueux de l’environnement pour rafraîchir les bâtiments

Dans un monde où les enjeux climatiques et énergétiques sont de plus en plus pressants, le  développement durable  prend une nouvelle tournure. Deux équipes de  scientifiques chinois  et  australiens  ont récemment présenté un innovant matériau bioplaste, capable de refroidir les bâtiments sans consommation d’électricité. Ce projet novateur, conduit par la  Université de Zhengzhou  et la  Université d’Australie du Sud , pourrait transformer notre façon de penser le  refroidissement  des habitations.

Une réduction de température significative

Selon une étude parue dans Cell Reports Physical Science, le revêtement développé peut réduire la température de surface d’un bâtiment jusqu’à  9,2 °C  en plein soleil. Les tests ont été réalisés sur un toit à  Zhengzhou , et les résultats sont prometteurs : pendant les heures les plus chaudes de la journée, ce matériau a montré une capacité incroyable à maintenir des températures  inférieures  à celles de l’environnement immédiat.

Le principe de refroidissement radiatif passif

Ce nouveau matériau exploite le phénomène de  “refroidissement radiatif passif”  (PRC). En termes simples, il reflète la lumière solaire tout en émettant la chaleur interne vers l’extérieur. Ce processus permet de maintenir des températures agréables à l’intérieur des constructions tout en diminuant la demande d’énergie liée à la climatisation. Selon les simulations menées par les chercheurs, l’application de ce film sur les toits d’une ville comme  Lhasa  dans le  Tibet  pourrait réduire la consommation annuelle d’énergie pour le refroidissement de  20,3% .

Composition et fabrication du matériau

Le  “metafilm”  est fabriqué à partir d’acide polilactique (PLA), un produit dérivé de ressources  végétales  telles que le maïs ou la canne à sucre. Ce matériau est  biodégradable , ce qui constitue un atout non négligeable dans le contexte actuel. La nouveauté réside dans la création d’une structure  porous  et continue à l’aide d’une technique de séparation de phases à basse température. Cette méthode a non seulement été efficace, mais elle semble également adaptée à une production à grande échelle.

Propriétés thermiques exceptionnelles

Le matériau possède une conductivité thermique ultrabasse de  0,049 W/m·K  et reflète près de  98,7%  de la radiation solaire. Cela lui permet d’éviter le  chauffage  initial et de prévenir la transmission de chaleur vers l’intérieur. De plus, grâce à sa porosité, il émet la chaleur vers l’extérieur, augmentant ainsi son efficacité.

Durabilité : un atout majeur

Contrairement à de nombreux matériaux précédemment développés pour le refroidissement radiatif, celui-ci se distingue par sa  durabilité . Les chercheurs l’ont soumis à divers tests incluant une immersion dans de l’acide pendant  120 heures  et une exposition à des radiations  ultraviolettes  équivalentes à huit mois d’exposition extérieure. Étonnamment, le matériau a conservé un excellent rendement de refroidissement, avec des températures restant entre  5 °C et 6,5 °C  en dessous de la température ambiante.

Applications multiples

Les applications de ce matériau ne se limitent pas aux toits des bâtiments. Les chercheurs envisagent également son utilisation dans divers domaines tels que le  transport , pour refroidir les véhicules, l’ agriculture , pour protéger les cultures, et même dans le domaine  biomédical , pour créer des pansements régulant la température des blessures. Ces multiples facettes promettent d’étendre l’impact de cette technologie bien au-delà de son utilisation initiale.

Conclusion

La recherche sur des matériaux comme ce bioplastique innovant offre une lueur d’espoir face aux défis liés au  changement climatique  et à la consommation énergétique. En permettant de refroidir nos espaces de vie de manière autonome et écologique, les avancées de ces scientifiques pourraient révolutionner notre manière de concevoir et d’utiliser les bâtiments. Un avenir où l’ énergie  solaire est exploitée de façon optimale s’annonce, réduisant ainsi notre dépendance aux systèmes de  climatisation  traditionnels, souvent énergivores.



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