La technologie et l’intelligence : un débat éternel

La question de savoir si la technologie nous rend plus  « bêtes »  est un sujet de débats houleux. Avec l’essor de l’ intelligence artificielle , nos capacités cognitives sont remises en question. Un récent étude réalisée par le MIT a provoqué des remous sur ce sujet, suscitant un intérêt croissant autour de la manière dont ces technologies influencent notre cerveau.

Les résultats d’une étude préoccupants

Dans cette étude, des chercheurs du MIT ont analysé le  coût cognitif  lié à l’utilisation de ChatGPT pour écrire des essais. Sur une période de quatre mois, 54 participants ont été divisés en trois groupes : un utilisant ChatGPT, un utilisant Google et le dernier ne bénéficiant d’aucune aide technologique. Les résultats étaient clairs : ceux utilisant ChatGPT avaient la  pire  activité cérébrale et devenaient progressivement plus  paresseux  au fil des essais. Cela soulève une interrogation pertinente : cette dépendance à des outils puissants signifie-t-elle une altération de notre intelligence ?

Les dangers de l’automatisation

Historiquement, l’arrivée de nouvelles technologies a toujours suscité des craintes. De Socrate, qui craignait que l’écriture affaiblisse la mémoire, à l’ère des calculatrices, il semble que nous assistions toujours à une tendance similaire. Utiliser un GPS pour se naviguer nous décharge de la nécessité de  mémo  riser les itinéraires. Pourtant, ces outils ne nous rendent pas nécessairement moins intelligents. Ils nous  libèrent  pour des tâches plus exigeantes sur le plan cognitif.

Les effets des technologies sur le cerveau

Les études sur la télévision, par exemple, ont montré que passer trop de temps devant un écran peut mettre notre cerveau en  mode « basse demande » , similaire à celui du sommeil profond. D’autres recherches ont révélé une réduction du volume de  matière grise  chez les personnes qui regardent beaucoup la télévision. De même, l’« effet Google » a montré que la facilité d’accès à l’information altère notre capacité à mémoriser des faits connexes, tout en améliorant notre mémoire de la manière de les retrouver.

Les voix discordantes

Il existe des études contradictoires affirmant qu’il n’y a pas de lien clair entre l’usage des technologies et la  dégradation  de l’intelligence. Les nouvelles technologies redéfinissent simplement comment nous  interagissons  et  acquérons  des informations. Elles ne doivent pas veiller à inhiber notre intelligence, mais peuvent au contraire favoriser certaines capacités cognitives.

La théorie de la comparaison

Le concept de  « avantage comparatif »  développé par David Ricardo peut également s’appliquer ici. En termes simples, les technologies comme l’IA peuvent effectuer des tâches répétitives de manière plus efficace, ce qui nous permet de nous concentrer sur des activités demandant plus de créativité et de réflexion critique, comme analyser des théories géopolitiques ou rédiger des dissertations.

Une utilisation réfléchie de l’IA

Il est essentiel de faire la distinction entre une utilisation intelligente de l’IA et une dépendance irrationnelle. Par exemple, il ne s’agit pas de se laisser dépouiller de notre capacité à  raisonner  pour des tâches simples comme l’addition. Au contraire, l’IA devrait être vue comme un assistant qui facilite notre travail, nous permettant d’aborder des projets plus  complexes .

Le rôle de l’utilisateur

Ce débat nous amène à réfléchir à notre propre utilisation de ces outils. Comme le souligne le psychologue Jason Lodge, l’impact de l’intelligence artificielle sur notre intelligence est fortement dépendant de l’usage que nous en faisons. En d’autres termes, nous avons le pouvoir de déterminer si ces outils nous diminuent ou nous  renforcent .

Conclusion

Pour illustrer mon propos, je me suis servi de l’IA pour résumer de nombreuses études et en tirer des conclusions, ce qui m’a permis de comprendre rapidement. Toutefois, j’aurais aussi pu lui demander de rédiger ce texte dans son intégralité, ce qui m’aurait empêché d’apprendre quoi que ce soit. L’intelligence n’est pas forcément liée à la mémoire des faits, mais à notre capacité à créer, analyser et synthétiser l’information. L’IA peut être un outil précieux pour nous aider dans cette tâche, à condition que nous sachions l’utiliser de manière judicieuse.



F1-ES