Le centre politique face au péril de la polarisation
Dans un contexte où le peronisme peine à s’entendre pour former des listes communes et où le PRO et La Libertad Avanza poursuivent leurs propres négociations, une frange de dirigeants qui se positionne au centre politique met en place une stratégie pour présenter une liste lors des élections provinciales du 7 septembre et des élections nationales du 26 octobre.
Ce jeudi, ce groupe d’acteurs politiques, emmené par l’ancien gouverneur de Córdoba , Juan Schiaretti , et le député radical Facundo Manes , effectuera un pas déterminant en se montrant ensemble à La Plata , afin d’illustrer leur intention de collaborer dans ces élections. La rencontre, modérée par le président du Mouvement d’Unité Populaire (MUP) , Federico Martelli , s’intitule : « Vers un modèle de développement durable et fédéral » .
Une alternative au kirchnerisme et à la polarisation
Schiaretti et Manes s’inscrivent dans un ensemble de dirigeants qui, bien que séparés jusqu’à présent – la majorité d’entre eux étant basés en province de Buenos Aires – cherchent à construire une alternative politique en dehors du kirchnerisme et de La Libertad Avanza. Leur mouvement vise à rassembler des personnalités politiques déçues par les luttes internes au sein des partis traditionnels.
En effet, l’hypothèse sur laquelle repose leur croissance est liée à leur capacité à réunir des « blessés » des confrontations internes dans les deux camps principaux. Cela permettrait d’offrir un espace de discussion et une nouvelle identité politique. La crainte d’un éventuel éclatement du peronisme est omniprésente, et beaucoup estiment qu’un alignement final entre Cristina Kirchner et Axel Kicillof pourrait se produire avant la clôture des listes.
Les attentes et les incertitudes
Le Mouvement Droit au Futur (MDF) , mené par Kicillof, est convaincu que toute fracture pourrait entraîner certains dirigeants de ce groupe au sein de la sphère peroniste. Cela pourrait inclure environ 50 maires dont Julio Zamora de Tigre , Fernando Gray d’ Esteban Echeverría , et Guillermo Britos de Chivilcoy . Les discussions portent surtout sur les implications d’une éventuelle rupture.
Ces maires pourraient être enclin à écouter des propositions si Kicillof abandonnait l’alliance avec Máximo Kirchner et Sergio Massa . Ils considèrent qu’il n’y a pas de place pour trois courants peronistes et qu’une direction forte par le gouverneur pourrait insuffler un nouveau dynamisme et engendrer une nouvelle attente chez les électeurs cherchant une option d’opposition.

De plus, des dialogues, échanges et messages se développent entre les maires du MDF et ceux du peronisme non-K. Cette relation de longue date leur permet de jauger la situation et d’évaluer de potentielles collaborations.
Une dynamique qui se met en place
Ce mercredi, Zamora rencontrera un groupe de maires et de législateurs radicaux afin de leur montrer le centre de surveillance de Tigre . Cette initiative marque un rapprochement significatif entre ces divers acteurs politiques. Il est également prévu que Zamora participe aux événements de Schiaretti et Manes, accompagnés par d’autres responsables politiques.
Simultanément, une fronde parmi certains maires du PRO contre l’alliance avec les libertaires ouvre une nouvelle avenue pour augmenter les soutiens. Certains pourraient envisager de se rapprocher des membres de ce centre politique.
Les enjeux se dessineront et se préciseront au fur et à mesure que la situation évolue. Si Kicillof choisit de s’aligner sur le kirchnerisme et le massisme, ce centre politique devra alors rapidement finaliser ses listes pour se faire une place sur la scène électorale. Bien que le temps soit compté, plusieurs options demeurent encore possibles pour modifier le paysage politique d’ici les élections.
Ce groupe est convaincu qu’il existe un potentiel pour séduire des électeurs qui ne souhaitent s’aligner ni avec les libertaires de Javier Milei ni avec le kirchnerisme. Un espace de croissance est donc envisageable pour capter le vote des désabusés face à une présidence en difficulté et une Cristina Kirchner qui continue de susciter une forte opposition au sein de certains secteurs de la société.

