La découverte d’Australie : entre mythes et réalité
L’histoire de la découverte d’Australie est enveloppée de mystères et de controverses. Pendant longtemps, on a attribué le mérite de cette découverte à l’explorateur britannique James Cook, qui, en 1770, a jeté l’ancre sur la côte est et a revendiqué la terre pour la Grande-Bretagne. Cependant, des chercheurs et historiens nourrissent une théorie intrigante : l’Australie aurait déjà été visitée par des explorateurs espagnols avant Cook. Qui sont ces explorateurs, et quelle est la véritable histoire de la provenance de l’Australie ?
Les premiers explorateurs : entre réalité et légende
La colonisation de l’Australie par les Britanniques en 1770 reste un fait historique, mais cela ne signifie pas que d’autres pays n’aient pas tenté d’y mettre le pied plus tôt. En réalité, dès 1606, des explorateurs néerlandais, tels que Willem Janszoon, ont déjà commencé à cartographier les côtes de l’Australie. Mais cette aventure hollandaise n’était pas la seule. Les Espagnols étaient également en quête de nouveaux territoires, et un explorateur portugais au service de l’Espagne, Pedro Fernández de Quirós, aurait atteint les îles du Pacifique, croyant avoir découvert la Terra Australis.
Quirós est célèbre pour avoir baptisé un territoire qu’il croyait être le continent australien sous le nom de “Austrialia del Espíritu Santo”. Ce nom a ensuite été attribué à une île qui fait aujourd’hui partie de Vanuatu. Cependant, l’expédition a été marquée par des mésaventures, et Quirós n’a jamais réussi à atteindre le continent australien lui-même.
Des artefacts qui questionnent l’histoire
Une partie de la controverse actuelle provient d’observations et de découvertes d’artefacts qui semblent étayer l’hypothèse d’une présence espagnole plus concrète en Australie. Robert Langdon, un historien australien, a même soutenu qu’il existait des preuves d’artefacts espagnols, tels que des canons retrouvés dans la Polynésie française, et d’autres lieux. Dans son ouvrage “La carabela perduda”, Langdon postule que ces canons pourraient provenir de la San Lesmes, une carabela galicienne qui aurait été naufragée lors de voyages vers l’Australie.
Langdon aborde également des éléments culturels, en mentionnant la présence de hórreos, des constructions traditionnelles galiciennes utilisées pour stocker des grains, présents dans diverses régions de l’Océanie. Bien que ces constructions soient également retrouvées dans plusieurs pays, l’absence de preuve tangible de leur conception par des explorateurs espagnols en Australie soulève des questions.
Les eucaliptus : une connexion culturelle ?
Langdon a également avancé une théorie selon laquelle les eucaliptus, des arbres originaires d’Australie, avaient été introduits en Galicie par des navires de retour, suggérant un lien entre les deux régions. Toutefois, il est prouvé que ces arbres ne furent réellement importés vers l’Europe qu’au 19ème siècle, après la découverte du continent par Cook.
De plus, Langdon s’appuie sur des histoires à propos de populations autochtones présentant des traits morphologiques qui diffèrent de ceux des autres habitants du Pacifique, mais ces éléments restent largement anecdotiques et manquent de preuves solides.
Les autres théories controversées
D’autres chercheurs se sont également penchés sur la question de la découverte d’Australie. Par exemple, Gavin Menzies, un écrivain britannique, a affirmé, sans preuve substantielle, que des explorateurs chinois avaient atteint l’Australie bien avant Cook. Sa théorie, bien que populaire dans certains cercles, a été récemment critiquée par une majorité d’historiens qui soutiennent que les premiers explorateurs européens sur le continent furent en fait les Hollandais.
Bien que des expéditions espagnoles, portugaises et même chinoises aient pu exister, les investigations révèlent que la plupart des succès en termes de cartographie et d’établissement de colonies appartiennent aux Anglais et aux Néerlandais.
Leçons de l’histoire
L’histoire de la découverte d’Australie est un miroir de la complexité de l’exploration et de la colonisation. Quelle que soit la nationalité des premiers explorateurs, il est indéniable que le continent était déjà habité par des cultures aborigènes riches et diverses. Ainsi, il est essentiel de reconnaître que ces histoires d’exploration et de découverte ne se résument pas simplement à la nationalité et au prestige, mais qu’elles doivent également passer par la reconnaissance des cultures déjà présentes.
Les débats entre historiens mettent en lumière la nécessité de revoir les récits dominants et d’inclure les voix et les perspectives des populations autochtones. Quelles que soient les découvertes à venir, l’important est d’apprendre de ces récits et de comprendre l’impact de l’arrivée des Européens sur les cultures aborigènes, afin d’honorer la véritable histoire de l’Australie qui, bien au-delà de la simple colonisation, est une histoire de diversité et de résilience.
La découverte et l’exploration d’Australie continuent d’intriguer et de susciter des discussions intéressantes parmi les historiens et les passionnés. Même si les récits classiques de découverte sont profondément ancrés, il est crucial d’interroger et d’apprendre des narrations alternatives afin d’obtenir une compréhension plus complète des événements historiques qui ont façonné le pays tel que nous le connaissons aujourd’hui.

