Le Gouvernement prépare une nouvelle Offre de Emploi Public (OEP) qui pourrait battre tous les records. En pleine tourmente due à des accusations de corruption après la révélation de paiements illicites attribués à d’anciens hauts responsables du PSOE par la Unidad Central Operativa (UCO) de la Guardia Civil, le Ministère de la Fonction Publique a annoncé aux syndicats que cette année, le nombre de postes à pourvoir pourrait dépasser les 40.000. Cela s’aligne avec l’offre historique prévue pour 2024.

Dans un contexte de budgets généraux de l’État (PGE) prolongés, le département dirigé par Óscar López travaille sur des chiffres très similaires à ceux de l’année précédente, durant laquelle 40.146 postes avaient été offerts. Pour cette nouvelle offre, il y avait 31.465 postes pour l’Administration Générale de l’État, 2.857 pour la Police Nationale, 3.158 pour la Guardia Civil et 2.666 pour les Forces Armées.

C’est ce qu’ont rapporté des sources syndicales à l’issue d’une réunion tenue ce jeudi avec les responsables de la Fonction Publique. “Les chiffres de l’OEP seront très semblables à ceux de l’année dernière”, ont-ils avancé. Cependant, le Ministère a évité de donner un nombre exact de postes lors de cette première rencontre avec CCOO, UGT et CSIF. Ils n’ont pas non plus précisé quand la hausse salariale de 0,5 % serait versée, ni quand les négociations pour un nouveau cadre d’augmentations salariales pour 2025 et les années suivantes débuteraient.

Le lundi prochain, les syndicats se réuniront à nouveau et espèrent que le Ministère fournira un chiffre à ce sujet concernant les postes pour les fonctionnaires. Des participants à la réunion d’aujourd’hui estiment que les négociations ne devraient pas durer trop longtemps et que les détails pourront être réglés rapidement, permettant ainsi au Conseil des Ministres de lancer la nouvelle OEP historique en juillet, comme cela avait déjà été fait l’année dernière.

Du côté de l’UGT, les demandes au Gouvernement insistent sur la nécessité de rester “dans la lignée des offres précédentes de 2022, 2023 et 2024” et d’adopter une OEP qui favorise “la création d’emplois nets” dans les administrations. Cela vise à compenser la perte de personnel observée au cours de la dernière décennie. “Cette création d’emplois nets doit viser à rajeunir les équipes, en tenant compte des besoins urgents dans des secteurs déficitaires, principalement ceux chargés de fournir des services à la population”, ont exigé les représentants syndicaux.

Un déficit structurel alarmant

Le Gouvernement a déjà reconnu, comme l’a révélé la centrale syndicale CSIF, que plus de 20.000 emplois ont été perdus au sein de l’Administration Générale de l’État au cours de la dernière décennie. Dans un premier échange de documents concernant l’OEP, la Fonction Publique a admis qu’il y avait eu une perte nette de 20.646 emplois. Ce constat est préoccupant, d’autant plus que 21 % des employés (soit environ 50.900 personnes) ont plus de 60 ans, se rapprochant donc de l’âge de la retraite.

Pour remédier à ce “déficit structurel” dans les administrations publiques, CSIF appelle le Gouvernement à supprimer la taux de remplacement qui limite la création de nouveaux postes, conformément aux engagements pris par l’ancien ministre José Luis Escrivá. Cependant, jusqu’à présent, l’Exécutif a évité cette question. Le maintien de cette taxe contraint les différentes administrations à recruter des personnels temporaires, perpétuant ainsi le problème de la précarité, qui stagne autour de 30 %, ce qui constitue une violation de la Loi de Stabilité et du mandat de la Commission Européenne de la réduire à 8 %.

Par ailleurs, comme l’a rapporté EL MUNDO il y a quelques semaines, le Gouvernement commence à prendre des mesures pour mettre en œuvre une réforme visant à corriger le problème de la précarité dans le secteur public. La Commission Européenne a ouvert deux procédures d’infraction contre l’Espagne pour cette raison, après avoir constaté que les engagements pris à la fin de 2021 n’étaient pas respectés. Le pays risque une amende conséquente s’il ne traite pas ce problème de précarité qui perdure. Le Ministère de la Fonction Publique travaille actuellement sur des mesures concrètes pour réduire le fort taux de contrats temporaires dans trois domaines : l’éducation, la santé et la justice.

Pas de hausse salariale à l’horizon

Dans le domaine salarial, alors que l’année a déjà dépassé son milieu, les fonctionnaires sont toujours au taux de salaire gelé. Face à ce retard concernant l’application des engagements pris et l’ouverture d’une nouvelle négociation, CSIF exige du Gouvernement la mise en œuvre immédiate, par voie de décret, de la hausse salariale de 0,5 % prévue l’année passée. Le syndicat demande également la mise en place de négociations pour établir une nouvelle hausse pour cette année. “L’équipe de négociation de la Fonction Publique ne reçoit toujours pas d’instructions pour négocier les salaires”, s’insurgent les représentants syndicaux.

CSIF estime qu’à ce stade de l’année, le Gouvernement retient “au minimum 600 millions d’euros” des employés publics de l’ensemble des administrations (environ 200 euros par personne) à cause de l’absence d’application de la hausse de 0,5 % et de la dévaluation salariale liée à l’IPC.

Pour sa part, CCOO a prévu une concentration le 25 juin devant le Ministère des Finances afin d’exiger le respect des accords signés, comme la mise en œuvre d’une semaine de 35 heures dans l’Administration, le versement du 0,5 % qui leur est dû depuis l’année dernière, et la négociation d’une hausse salariale pour l’année 2025.



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