Actualizado

Accompagner les jeunes femmes sur le chemin de la  connaissance de leur corps  et de leur  santé reproductive  constitue une étape cruciale dans leur développement. La  première visite gynécologique  est souvent perçue comme un rite de passage important. Elle ne doit pas être appréhendée comme un moment traumatisant ou trop “médicalisé”, mais plutôt comme une opportunité précieuse d’apprentissage et de prévention.

Dans la plupart des cas, ce sont les jeunes filles elles-mêmes qui expriment le besoin de consulter un gynécologue. Parfois, ce sont leurs mères qui les y conduisent, souvent par inquiétude ou par obligation, sans véritable raison apparente. Mais alors,  quelle est l’âge idéal  pour envisager cette première visite ? Pour répondre à cette interrogation, nous avons consulté la docteur  Tiziana Casalena , gynécologue à Humanitas Medical Care à Varèse.

Quand réaliser la première visite ?

Selon la Dr. Casalena : “Il est essentiel de se fier au  bon sens . Si la  menstruation  (ou menarche) a eu lieu entre 11 et 13 ans, sans saignements excessifs, avec des douleurs gérables par des analgésiques simples et des cycles relativement réguliers, il n’y a généralement pas de raisons de s’inquiéter. Dans ce cas, il peut être utile de faire un  hémogramme  et de mesurer la  ferritine  pour éviter une éventuelle anémie par carence en fer.” Elle ajoute que la première visite peut être retardée jusqu’à ce que la jeune femme ait un partenaire ou ait récemment commencé son  activité sexuelle . Ce premier rendez-vous ne sera pas invasif et sera surtout axé sur un  counseling  qui abordera des sujets tels que la  contraception , la  prévention des maladies sexuellement transmissibles  et des  habitudes de vie saines . Souvent, ce sont les mères qui cherchent des conseils pour leurs filles adolescentes.

Symptômes à ne pas négliger

Il est également important de prêter attention à certains symptômes. La Dr. Casalena souligne : “Si le cycle est  très douloureux ,  très abondant , et limite les activités quotidiennes de la jeune fille, comme l’absentéisme scolaire ou l’incapacité à faire du sport, il est crucial de procéder à une investigation approfondie. Ces symptômes peuvent être le signe d’affections comme l’ adénomyose  ou l’ endométriose , qui touchent environ  10 à 15 % des femmes en âge de procréer .” Un cycle  très irrégulier  accompagné d’ acné sévère  ou d’ excès de pilosité  doit également être examiné, car cela pourrait indiquer un  syndrome des ovaires polykystiques . Cette condition, si elle n’est pas traitée, peut compromettre la fertilité future et perturber gravement la qualité de vie de l’adolescente.

La Dr. Casalena ajoute que si la menarche se fait attendre et qu’elle n’est toujours pas survenue à  16 ans , il est recommandé de consulter. La même recommandation s’applique en cas d’ infections vaginales , qui peuvent avoir des origines variées, même chez les jeunes qui n’ont jamais eu de relations sexuelles. Enfin, les  aménorrhées prolongées  (absence de menstruations) peuvent être liées à des  troubles alimentaires  ou à des  régimes drastiques  ; dans ces cas, une approche  multidisciplinaire  est cruciale, impliquant non seulement un gynécologue, mais aussi un psychologue et un nutritionniste.

Comment se déroule la première visite ?

La première consultation gynécologique chez les adolescentes ne nécessite pas systématiquement un examen complet. La Dr. Casalena explique que la visite commence toujours par une  conversation  avec la jeune fille, en respectant ses besoins et ses préoccupations. Dans de nombreux cas, une simple  observation des organes génitaux externes , accompagnée d’une  échographie pelvienne  transabdominale (non invasive), suffit à vérifier l’anatomie normale.

Il est à noter qu’il existe encore un grand  manque d’éducation sexuelle  dans nos écoles. Ce manque peut rendre la première visite gynécologique encore plus importante, car elle offre un moment privilégié pour discuter de la  prévention . Les jeunes filles doivent être informées que certaines infections sexuellement transmissibles, moins connues comme la  chlamydia , peuvent avoir des conséquences importantes sur la fertilité. Pour cette raison, l’utilisation de  méthodes de protection  est fortement encouragée.

Enfin, un sujet essentiel à aborder est la  vaccination contre le VPH  (Virus du Papillome Humain), recommandée dès l’âge de 11 ans pour les filles et les garçons. Administée avant le début de la vie sexuelle, cette vaccination offre une protection immunitaire optimale et prévient environ  90 % des cancers du col de l’utérus , ainsi que des lésions bénignes comme les condylomes. Pour les jeunes de moins de 15 ans, deux doses sont suffisantes, tandis qu’après cet âge, trois doses sont nécessaires. La première visite gynécologique constitue également une belle occasion de promouvoir  l’auto-exploration mammaire , essentielle pour apprendre à connaître son propre corps.



F1-ES