La Controverse autour du Traité de Haute Mer : Dina Boluarte dans la Tourmente
La présidente Dina Boluarte fait face à une nouvelle accusation. Cette fois, elle est accusée de trahison à la patrie après avoir signé le Traité de Haute Mer lors de la III Conférence des Nations Unies sur l’Océan, qui s’est tenue à Niza, en France. Cette plainte, déposée par le journaliste C. Alfredo Vignolo G. del V., vise directement la mandataire en tant que personne physique et la présidence de la République dans sa condition d’institution.
## Les Accusations de Trahison
La plainte déposée soutient que la récente signature du Traité de Haute Mer implique une “affectation directe à la souveraineté maritime nationale”, en raison d’un conflit avec ce qui est stipulé dans la Constitution, en particulier l’article 54, qui reconnaît la souveraineté et la juridiction exclusive de l’État sur les 200 milles maritimes adjacents à la côte du pays.
Cette accusation pourrait également être interprétée comme un acte compromettant la sécurité ou l’intégrité territoriale du pays , ce qui cadre avec la définition légale de trahison. « Tout traité impliquant une cession ou une limitation sur le domaine maritime est inconstitutionnel et constitue une attaque directe contre l’intégrité nationale », a déclaré un porte-parole du journal Expreso.

## Les Réactions des Institutions
Sur ce sujet, la Sociedad de Comercio Exterior du Pérou, la Sociedad Nacional de Industrias et la Sociedad Nacional de Pesquería ont émis un communiqué avertissant que la signature représente une perte de souveraineté dans la prise de décision sur l’exploitation durable des ressources halieutiques. Ils soutiennent que cet accord est porté par des ONG qui cherchent à nuire à des secteurs productifs comme la pêche, créant ainsi des milliers d’emplois.
Néanmoins, le canciller Elmer Schialer, l’exvicecanciller Hugo de Zela et l’ancien président de la SNI font valoir qu’il existe un manque d’information de la part des critiques. Le ministre des affaires étrangères a indiqué que la signature du traité n’implique pas une atteinte aux droits du pays sur son domaine maritime. « C’est un traité environnemental que le Pérou peut signer tout en réaffirmant son statut d’État non partie à la Convemar (Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer) », a-t-il déclaré.
De Zela a également précisé que les opinions contraires pourraient provenir de confusions avec d’autres instruments juridiques, ajoutant que le traité stipule clairement qu’il ne s’applique pas aux 200 milles marins nationaux. « Ceux qui critiquent ne lisent pas », a-t-il affirmé.

## Le Traité de Haute Mer : Un Cadre Juridique Global
Le Traité de Haute Mer , officiellement intitulé “Traité sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales” (BBNJ), est un accord international adopté sous l’égide de l’ Organisation des Nations Unies en 2023. Ce traité vise à établir le premier cadre juridique global pour la protection de la biodiversité dans les zones maritimes qui échappent à la compétence d’un État, c’est-à-dire au-delà des 200 milles marins de la zone économique exclusive de chaque pays.
Cela concerne environ deux tiers de la surface marine de la planète, des secteurs qui, jusqu’à l’adoption du traité, souffraient d’ un manque de réglementation environnementale internationale efficace. L’accord préconise la création de zones marines protégées , la régulation d’activités telles que la pêche, la minière sous-marine et la bioprospection génétique, ainsi que des directives pour l’équité dans l’accès et le partage des bénéfices issus des ressources génétiques marines.

## Ratifications et Signatures
Parmi les 197 pays membres de l’ONU, 136 ont signé le traité de Haute Mer, mais seulement 50 l’ont ratifié. Cela empêche son application, car au moins 60 pays doivent le ratifier. Parmi les signataires figurent : l’Albanie, l’Angola, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la France, l’Inde, les États-Unis, et bien d’autres.
Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la page web dédiée au suivi du traité de Haute Mer.
La situation actuelle de Dina Boluarte et les conséquences de la signature du Traité de Haute Mer soulèvent des questions cruciales concernant la souveraineté, la sécurité nationale et la durabilité environnementale. Les tensions entre différents acteurs, de l’État aux ONG, indiquent que des discussions plus approfondies seront nécessaires pour clarifier les implications de tels accords. Le dialogue autour de la protection de l’environnement marin est essentiel, mais il doit être équilibré avec les besoins économiques et la souveraineté des États.
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