La surutilisation des scanners CT : un enjeu de santé publique

Dans le domaine de la  médecine moderne , le scanner CT (tomodensitométrie) est devenu un outil courant, permettant d’obtenir des images détaillées des différentes parties du corps humain. Chaque année, environ  cinq millions  de ces examens sont réalisés, facilitant le diagnostic de diverses affections, allant des traumatismes crâniens aux infections persistantes. Cependant, une étude récente lance une alerte inquiétante : la surutilisation des scanners CT pourrait accroître significativement le risque de  cancer .

Un risque accru de cancer lié aux scanners CT

Selon un modèle numérique publié dans la revue  JAMA Internal Medicine , il est prévu qu’en 2023, environ 93 millions de  scanners CT  réalisés aux États-Unis pourraient être responsables de 5% de tous les nouveaux cas de cancer dans le pays, un chiffre comparable à celui des cancers causés par la  consommation d’alcool . Cette étude met en lumière les effets à long terme d’une pratique médicalement courante dont les implications pourraient être catastrophiques.

Dr Rebecca Smith-Bindman, radiologue à l’Université de Californie à San Francisco, souligne : « Ces risques futurs de cancer peuvent être réduits en diminuant le nombre de  scanners CT  effectués, particulièrement lorsqu’ils n’apportent pas de réelle valeur ajoutée aux soins. »

La surutilisation des scanners CT est répandue en Australie, aux États-Unis et dans d’autres pays (image d’illustration)

Les dangers des scanners CT chez les enfants

La littérature médicale n’est pas étrangère au lien entre exposition aux rayonnements et cancer. Une étude australienne réalisée en 2013 a particulièrement alarmé le public sur le risque accru chez les  enfants . Bien que le risque individuel soit généralement considéré comme faible, la hausse d’utilisation des scanners CT (30% depuis 2009) est préoccupante.

Les experts mettent également en garde contre le fait que des  examens non nécessaires , comme ceux demandés pour des douleurs lombaires sans signes inquiétants, n’ont pas de valeur diagnostique réelle. Selon le Professeur Mark Morgan de l’Université de Bond, « les imageries ne change pas la gestion de la douleur dans la majorité des cas. »

Des recommandations pour l’utilisation des scanners CT

Pour éviter les effets indésirables des scanners, notamment les doses de  rayonnement  élevées, des directives ont été mises en place. L’ Agence de Protection et de Sécurité Nucléaire  d’Australie recommande aux médecins de fournir des justifications pour chaque examen, en veillant particulièrement à la sécurité des enfants qui sont plus susceptibles aux effets à long terme des radiations.

Le Professeur Morgan souligne : « Les scanners ne devraient être effectués que lorsque l’on s’attend à ce que le résultat modifie la prise en charge du patient. » Cela est d’autant plus crucial pour les femmes enceintes et les jeunes enfants, dont les cellules se divisent rapidement.

La montée des “scanners de tranquillité d’esprit” soulève des inquiétudes à la lumière des nouvelles recherches (image d’illustration)

Les scanners CT pour rassurer : une pratique contestée

Un facteur majeur de l’augmentation des  scanners CT  est la prolifération de cliniques privées proposant des bilans de santé complets, même pour des individus asymptomatiques. En Australie, de nombreuses entreprises offrent des vérifications de santé comprenant des analyses sanguines et des  scanners  qui visent à détecter des maladies à un stade précoce. Ces pratiques, selon les experts, doivent être examinées avec prudence.

Le Professeur Morgan explique : « Les scanners sont souvent ordonnés pour rassurer le patient, mais cela peut avoir l’effet inverse, provoquant davantage d’angoisse et de tests inutiles. » Cette approche amène à un cercle vicieux où des découvertes mineures peuvent engendrer des investigations supplémentaires et accroître l’incertitude.

Les lignes directrices cliniques ont été établies pour guider les professionnels dans cette méfiance croissante contre les examens non nécessaires. Pour combiner l’aspect émotionnel souvent impliqué dans le diagnostic, il est crucial d’évaluer soigneusement l’utilité d’un scanner par rapport à ses risques.

Dans un contexte où de plus en plus de patients sollicitent des examens préventifs, une communication claire entre médecins et patients devient essentielle. Le but est de naviguer à travers les choix complexes de soins avec prudence afin de minimiser les risques et maximiser les bénéfices des technologies de diagnostic modernes.



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