Les adolescents “couche-tard” et leurs comportements impulsifs

Une  nouvelle étude  réalisée à l’Université de Pittsburgh révèle que les adolescents qui s’identifient comme des  “couche-tard”  (ou “night owls”) ont tendance à être plus  impulsifs  que leurs homologues qui se lèvent tôt, surnommés les  “lève-tôt”  (ou “morning larks”). Cette recherche met en lumière un lien potentiel entre les préférences de sommeil et certaines caractéristiques psychologiques, notamment l’impulsivité, qui peuvent avoir des conséquences significatives sur le comportement des adolescents.

Impulsivité et stress

Les résultats de l’étude montrent que les adolescents ayant une préférence déclarée pour le  sommeil tardif  et le réveil tardif rapportent une  urgence négative  plus élevée et une  persévérance  plus faible. Cela signifie qu’ils sont plus susceptibles d’agir de manière imprévisible lorsqu’ils éprouvent des émotions négatives et d’abandonner des tâches difficiles. Ces comportements peuvent être particulièrement préoccupants, car ils sont souvent associés à une  augmentation des comportements à risque , tels que la consommation de substances.

Aucune association biologique

Fait intéressant, l’étude n’a pas trouvé de lien entre la  mesure biologique  du timing circadien et l’impulsivité. Cela suggère que des facteurs psychologiques ou comportementaux peuvent jouer un rôle bien plus important que ce que l’on pourrait penser initialement. Les chercheurs, y compris l’auteure principale,  Riya Mirchandaney , ont noté : « Nous n’avons pas trouvé de lien significatif entre l’onset de mélatonine à faible luminosité et les niveaux d’impulsivité dans notre échantillon. » Cela soulève des questions sur la manière dont les adolescents perçoivent leurs propres  horloges internes .

Sensibilisation et interventions

Dans le cadre de cette étude, 210 adolescents, ayant un âge moyen de  17 ans  et dont 60,5 % étaient des filles, ont été impliqués. Les participants ont rempli des mesures auto-évaluées d’impulsivité et de préférence circadienne, tout en fournissant des échantillons de salive pour évaluer la phase circadienne par l’analyse de l’onset de mélatonine à faible luminosité.  L’utilisation d’actigraphes  pendant une semaine a également permis d’estimer le milieu et la durée du sommeil.

Le potentiel des interventions chronothérapeutiques

Mirchandaney a souligné que ces résultats pourraient orienter les futures recherches sur la manière d’aider les adolescents à éviter les effets néfastes liés à l’impulsivité. En particulier, l’adolescence pourrait constituer une  opportunité idéale  pour mettre en œuvre des interventions chronothérapeutiques visant à ajuster le sommeil et le timing circadien. Ces stratégies pourraient potentiellement réduire les comportements à risque chez les adolescents, tels que la consommation d’alcool et de drogues.

Conclusion

En synthèse, cette étude met en avant l’importance de comprendre les  habitudes de sommeil  des adolescents et leurs implications psychologiques. Compte tenu de l’impact significatif de l’impulsivité sur le développement des jeunes, il est crucial de développer des stratégies visant à améliorer les habitudes de sommeil afin de favoriser un développement psychologique sain. L’éducation sur l’importance du sommeil, couplée à des interventions ciblées, pourrait jouer un rôle décisif dans la réduction des comportements impulsifs et des risques associés.

Source: AASM



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