Alan Orchard : Un drame familial face à la maladie
En mai 2023, lors d’une sortie à vélo dans les collines du Lancashire, Alan Orchard, alors âgé de 67 ans, a failli s’effondrer. Sa santé, jusqu’alors excellente , a soudainement basculé, malgré un mode de vie actif. Poussé par son épouse Julie, il s’est rendu aux urgences où les médecins ont diagnostiqué une déshydratation et une fibrillation atriale. À ce moment-là, nul ne se doutait que cette première alerte n’était que le signe avant-coureur d’un drame bien plus grand.
Alan a ensuite été diagnostiqué avec un cancer du pancréas seulement un mois avant son décès. Ses enfants, David et Lucy, témoignent de leur immense chagrin, agravé par la conviction que leur père aurait pu bénéficier d’un diagnostic précoce s’une simple question avait été posée sur son antécédent familial .
Des signes ignorés
David, âgé de 35 ans, raconte : « Si les médecins avaient posé des questions sur l’historique médical de notre père, ils auraient découvert que sa sœur Judy avait succombé à un cancer du pancréas 12 ans plus tôt à seulement 60 ans. Cela aurait pu tout changer. » Malheureusement, il a fallu 13 mois après l’apparition des premiers symptômes pour qu’Alan obtienne enfin un diagnostic. Au moment où cela s’est produit, il était déjà trop tard. Il est décédé à l’âge de 68 ans, juste quatre semaines après son diagnostic.
Une stigmatisation autour des maladies graves et le manque de communication entre les patients et les professionnels de santé peuvent parfois avoir des conséquences fatales. Lucy, 33 ans, exprime son désespoir : « Les médecins n’ont pas su relier les points, alors qu’il s’agissait d’une personne en excellente santé qui connaissait des difficultés soudaines. »
Un parcours médical tragique
Les premiers symptômes d’Alan ont commencé avec une sensation d’évanouissement lors de ses sorties à vélo. Malgré des consultations, son état de santé a continué à se détériorer. En mai 2023, il s’est vu prescrire des médicaments pour traiter un pré-diabète et des problèmes cardiaques. Par la suite, les inquiétudes de David et Lucy se sont accentuées ; la dégradation rapide de leur père devenait inéluctable.
Les analyses de sang ont révélé des anomalies au niveau de son foie et de son pancréas, mais les examens appropriés prenaient du temps. Finalement, après une multitude d’examens, Alan a appris qu’il souffrait d’un cancer du pancréas, avancé et déjà métastatique .
Les derniers jours d’Alan
Le 17 juin 2024, Alan a reçu son diagnostic. David se souvient avoir googlé les informations sur cette maladie tout en étant sur la plage avec son fils : « C’était terrifiant. Je savais que la situation était grave. » Le lendemain, Alan a dû être transporté d’urgence à l’hôpital à cause de douleurs abdominales intenses.
Les derniers jours d’Alan ont été marqués par une détérioration rapide de sa santé. Une opération pour placer une stent était nécessaire pour tenter de réparer son duodénum obstrué. La date de son premier rendez-vous en oncologie était prévue pour le 9 juillet. Cependant, avec la progression agressive de la maladie, chaque jour comptait.
Alan a été transféré dans un hospice où il a pu passer ses derniers moments entouré de sa famille. Le 18 juillet, il s’est éteint paisiblement. David témoigne que ces moments sont inoubliables, mais la douleur de la perte reste vive.
La nécessité de la sensibilisation
David et Lucy, tout en traversant le chagrin, se battent pour attirer l’attention sur le cancer du pancréas. Leur expérience souligne l’importance d’un dépistage précoce et de l’éducation des médecins sur les facteurs de risque familiaux. Ils soutiennent la campagne “Unite. Diagnose. Save Lives” qui appelle à améliorer la sensibilisation , ainsi que l’investissement dans la recherche pour un dépistage précoce.
Lucy conclut en disant : « On ne peut pas ignorer les symptômes. La détection du cancer du pancréas est complexe et il n’y a pas assez de sensibilisation à ce sujet. Nous voulons que personne ne vive ce que nous avons traversé. »
Ce témoignage poignant rappelle la fragilité de la vie et la nécessité d’une meilleure communication sur la santé. Les familles méritent de connaître les antécédents médicaux pour prévenir des tragédies évitables.

