LELe 27 janvier 1945, les soldats soviétiques de l’Armée rouge ont défoncé les portes du camp de concentration d’Auschwitz et libéré les quelques survivants restants, montrant ainsi les horreurs de la persécution nazie. À cette date, l’ONU a institué le Jour du Souvenir en 2005, célébré par tous les États membres des Nations Unies.
Quatre-vingts ans après ce jour et le lendemain cessez-le-feu à Gaza, nous recommandons douze lectures aux plus jeunes, à lire avec eux pour ne pas oublier les victimes de l’Holocauste.
Le 16 octobre 1943, la mère d’Emanuele est capturée par les nazis. L’enfant parvient à l’attraper, il ne veut pas la lâcher mais la femme parvient à l’éloigner d’elle, le sauvant. Emanuele se cache dans un tramway et, arrêt après arrêt, raconte à tout le monde son histoire : c’est un enfant juif violemment séparé de l’affection de sa mère. Le conducteur du tramway et d’autres passagers l’aideront pendant trois jours jusqu’à ce qu’il retrouve son père. Une histoire poignante et délicate inspirée de l’histoire vraie d’Emanuele Di Porto, l’un des rares survivants de la rafle du ghetto juif de Rome.
Un tramway pour la vie de Tea Ranno, Le bateau à vapeur, 16,00 euros
Mouchoir de la fille de Pippin par Rosemarie Waldrop
Le mouchoir de la fille de Pippin (sortie le 27 janvier) est un roman de la poète allemande Rosmarie Waldrop, qui explore la montée du nazisme. Situé à Bayreuth en 1926, il raconte le mariage de Frederika et Josef Seifert, symbole de divisions qui mèneront à un destin collectif tragique, marqué par le national-socialisme. Le protagoniste réfléchit à la possibilité d’identifier le bien et le mal dans des gestes apparemment innocents, enquêter sur le mal à la fois au niveau privé et collectif. Une œuvre intense et évocatrice, qui nous invite à se confronter au passé et à ses ombres.
Le mouchoir de la fille de Pippin de Rosmarie Waldrope, Safarà, 19,00 euros
Ce jour-là de Michael Rosen, illustrations de Benjamin Philips
Un magnifique roman graphique sur le courage et la détermination, basé sur des personnages et des événements réels, La fuite d’Eugène Handschuh vers la liberté avec son père depuis un train à destination d’Auschwitz.
Ce jour-là de Michael Rosen et Benjamin Phillips, Emme Edizioni, 15,90 euros
Les valises d’Auschwitz de Daniela Palumbo, illustrations de Giulia Tomai
Dans une Europe marquée par les lois raciales, Carlo, Hannah, Émeline et Dawid sont confrontés à la discrimination raciale et à la déportation. Chacun réagit à sa manière : Carlo se cache dans les trains, Hannah compte les étoiles en pensant à son frère disparu, Émeline refuse de porter l’étoile jaune et Dawid s’échappe du ghetto de Varsovie avec son violon. Leurs histoires s’entrelacent dans un récit touchant et inoubliable, qui nous invite à ne pas oublier l’une des pages les plus douloureuses de l’histoire.
Les valises d’Auschwitz de Daniela Palumbo, Le bateau à vapeur, 11,00 euros
Jusqu’à ce que mon étoile brille de Liliana Segre avec Daniela Palumbo
Liliana Segre, déportée au camp de concentration d’Auschwitz à l’âge de treize ans, a vécu l’une des expériences les plus dramatiques de l’Histoire. Le 30 janvier 1944, elle fut chargée avec d’autres prisonniers dans un train à la gare centrale de Milan, à destination des camps de concentration nazis. Elle était la seule enfant de ce convoi à avoir survécu. Aujourd’hui, après avoir vécu l’enfer de la Shoah, il consacre sa vie à témoigner du passé, se tournant notamment vers les nouvelles générations pour perpétuer la mémoire de la Shoah. Le 19 janvier 2018, le Président de la République l’a nommée sénatrice à vie pour son engagement en faveur des droits de l’Homme et son extraordinaire contribution sociale.
Judith et l’oreille du diable de Francesco D’Adamo, illustrations de Chiara Di Biagio
En 1944, dans une petite ville de montagne, une petite fille aveugle est secrètement amenée chez Caterina, l’épouse de Sandokan, le chef d’un gang partisan. Son nom est Giuditta et elle a survécu à la déportation de sa famille. Malgré sa cécité, Giuditta semble se déplacer avec une confiance extraordinaire sur les sentiers de montagne, elle connaît en profondeur les herbes médicinales en tant que guérisseuse et a un lien particulier avec les animaux. Un jour, Giuditta découvre un lieu mystérieux appelé « L’Oreille du Diable » : une zone particulière, avec un mur haut et concave et un siège au centre. Assise là, la petite fille entend des voix et des bruits venant du fond de la vallée. Ainsi, jour après jour, elle revient à cet endroit, où elle parvient à capter des sons et des signaux qui l’avertissent des mouvements des Allemands, permettant aux partisans d’anticiper leurs mouvements. Ce livre a remporté le Prix Strega 2022 dans la catégorie 11+.
Judith et l’oreille du diable de Francesco D’Adamo, Giunti, 16,00 euros
Mouschi, le chat d’Anne Frank de José Jorge Letria, illustrations de Danuta Wojciechowska
Mouschi le chat trouve refuge dans la cachette où la famille Frank et d’autres juifs se sont cachés des nazis. Dans ce nouveau monde, fait de murmures et de peurs, mais aussi d’affection et d’espoir, Mouschi devient le compagnon silencieux d’Anna, une adolescente qui, jour après jour, écrit ses rêves et ses peurs dans son journal. Pendant deux ans, le chat observe et partage les angoisses et les espoirs d’Anna, qui rêve d’un avenir meilleur malgré la Shoah. Une invitation aux jeunes au courage et à l’espoir, des valeurs plus fondamentales que jamais aujourd’hui.
Mouschi, le chat d’Anne Frank de Letria José Jorge, De Agostini, 16,50 euros
Le train de la mémoire de Lorenzo Tosa et Paolo Paticchio
En janvier 2005, Paolo, un garçon du sud de l’Italie, visite Auschwitz pour la première fois, sans savoir que ce moment changera à jamais sa vie. Au cours des vingt années suivantes, il guide de nombreux groupes de jeunes à travers les lieux symboliques de la Shoah, comme Berlin et Cracovie, dans un voyage mêlant histoire et réflexion sur le présent. Chaque participant, dont Nicola, Matilde et Halima, vit une expérience unique qui les amène à se confronter aux problèmes passés et actuels, tels que les migrants et la douleur universelle. Entre émotions et découvertes, chacun revient changé, plus conscient de la valeur de la Mémoire. Ce livre se veut une invitation à ne pas oublier et à transmettre l’héritage de l’histoire aux nouvelles générations.
Le train de la mémoire de Lorenzo Tosa, De Agostini, 14,90 euros
Otto, autobiographie d’un ours en peluche. Texte et illustrations de Tomi Ungerer
La Seconde Guerre mondiale racontée du point de vue d’un ours en peluche qui observe sans bien comprendre les événements dramatiques qui l’entourent : la persécution des Juifs, la déportation et les bombardements. Comme un enfant, Otto remet en question ce qui se passe, rendant l’histoire encore plus émouvante et tragique. Le choix de le raconter à travers son innocence ajoute une touche unique. Une histoire puissante adaptée aux jeunes, qui stimule la réflexion sur la mémoire et les atrocités de la guerre.
Otto, autobiographie d’un ours en peluche de Tomi Ungerer, Mondadori, 16,00 euros
Le vol de Sara de Lorenzo Farina, illustrations de Sonia MI Possentini
Le thème de cette histoire extraordinaire de Lorenza Farina est la délicate rencontre entre une petite fille nommée Sara et un rouge-gorge, dans un camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. Le petit oiseau décide d’emmener avec elle cette nouvelle amie avec le ruban bleu dans les cheveux, car la brutalité de la Shoah et des camps de concentration est trop crue pour être vécue par une si jeune créature.
Le vol de Sara de Lorenzo Farina, Fatatrac, 14,90 euros
Destination Auschwitz de Frediano Sessi
Henryk Mandelbaum, Otto Wolken et Luigi Ferri sont quelques-uns des protagonistes de ce récit dramatique qui raconte les atrocités d’Auschwitz. Mandelbaum faisait partie du Sonderkommando ; Wolken, un médecin, a essayé de soigner les prisonniers sans médicaments, et Ferri, l’un des rares enfants survivants, a trouvé espoir et force dans son sourire, grâce à la protection du docteur Wolken. A travers les témoignages de ces survivants et d’autres, l’auteur reconstitue, avec une rigueur historique, les phases qui ont conduit Hitler et les nazis à mettre en œuvre le projet fou de « purification raciale » qui a abouti à la Shoah.
Destination Auschwitz de Frediano Sessi, garçons Einaudi, 12,00 euros
L’Ogre en bas, d’Olivier Dupin, illustrations de Barroux
Sarah et sa sœur vivent paisiblement jusqu’à ce que la ville soit envahie par les drapeaux nazis. Les Juifs ne peuvent plus circuler librement et lorsque leurs parents sont arrêtés, les filles sont laissées seules. Au moment où les soldats approchent, apparaît l’inattendu “Ogre” de l’étage inférieur qui, loin d’être cruel comme tout le monde le croit, les cache dans sa barbe pour les sauver. Un livre illustré qui propose une vision émouvante et adaptée aux enfants d’une période historique dramatique, soulignant l’importance du courage et de la solidarité.
L’ogre d’en bas d’Olivier Dupin, Oeuf Noir, 18,50 euros
Les pierres d’achoppement par Federico Gregotti
Gunter Demnig, sculpteur au look de cow-boy, a créé le plus grand monument répandu en Europe : les pierres d’achoppement. Ces petits blocs de béton dotés de plaques de laiton sont placés devant les maisons des victimes des persécutions nazies-fascistes. Chaque pierre porte le nom d’une personne arrachée à sa vie, racontant son histoire. Ce livre, conçu pour les enfants à partir de 9 ans, combine l’art et l’histoire pour nous aider à comprendre le passé et inspirer l’avenir.
Les pierres d’achoppement de Federico Gregotti, Einaudi boys (série Simply Heroes), 11,00 euros
Juste un mot de Matteo Corradini, illustrations de Sonia Cuccilelli
En 1938 à Venise, Roberto est un enfant comme beaucoup d’autres, jusqu’à ce qu’on commence à le discriminer à cause de ses lunettes, symbole de diversité qui font de lui une cible. Le roman, inspiré du documentaire 1938 – Plusieurs de Giorgio Treves, raconte avec simplicité le mécanisme inhumain qui a conduit à la persécution des Juifs sous le régime fasciste.

