Nous sommes très reconnaissants que le label Elefant ait renouvelé sa proposition, vers des talents aussi différents que PUTOCHINOMARICÓN ou Rebe, et que de temps en temps il nous ravisse avec un hommage à ses origines. Le nouvel album d’Alpaca Sports est un souvenir sonore des débuts de ce label dans les années 90, époque où l’on découvrait des groupes comme Saint Etienne ou en Espagne, La Casa Azul. Puisque Alpaca Sports est suédois, parlons du Club 8, Le Sport ou Lo-fi-fnk, surtout le premier.

Le groupe d’Andreas Jonsson, Amanda Åkerman et Lisle Mitnik est actif depuis la dernière décennie, et là où d’autres auraient jeté l’éponge, découragés par un monde dans lequel tout semble être des streams et des “likes” sur les réseaux sociaux, ils continuent là où Ils l’ont quitté avec « From Paris With Love », dès 2018.

L’écart entre album et album s’explique par les changements de ville, certains problèmes de santé et la perte de certains de leurs proches. Une tristesse qui ne se manifeste pas dans ces mélodies aussi joyeuses que ‘Always On My Mind’, qui n’est pas une version Pet Shop Boys mais un doux bonbon électropop au pincement et à la montée en demi-ton ; ou la promesse convaincante « Tomorrow I’ll Be Fine », quelque part entre la pop des années 60 et la jangle pop des années 80.

La douleur les a amenés à essayer de construire un album conceptuel sur le changement, mais ils n’ont pas réussi à atteindre cet objectif. Les paroles de chagrin prédominent ici, aussi évidentes que “DJ, joue la chanson qui la fait retomber amoureuse de moi” (“Waiting for the Right Time”) ou “Pourquoi me brises-tu toujours” (“Break My Heart” ). Les seules petites surprises au milieu de cet album aux harmonies sixties et célébration de l’indie pop de tous les temps sont la production des voix chorales de ‘Tonight’ – un délice – ou ces guitares qui semblent jouées par la main du magicien. Nile Rodgers dans « Glisser entre mes doigts ».

Le fait est que tout ce que joue Alpaca Sports, produit par Ian Catt, est mignon. « If Tomorrow Comes », arrangé à la fin, est l’une des compositions qui illustre le mieux cela. Là, on ne parle plus d’amour, ni de rien de particulier, sauf de l’impossibilité de sauver le monde de quoi qu’il arrive, peu importe qu’on parle de « Paris, Londres, New York ou Tokyo ». Et peu importe où vous êtes, Alpaca Sports sait comment créer une capsule temporelle où vous pourrez vous rappeler ce qu’était la véritable indépendance.



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