« MLa mère a placé le plateau avec le ragoût et les petits pois sur le chariot et s’est assise commença-t-il à raconter. Pour dire comme elle seule pouvaitavec une voix claire et forte qu’elle a formée pendant des années comme professeur d’italien et d’histoire au collège.”

«Maman savait utiliser les mots justes et délicats qu’elle illuminait ensuite de la lumière de ses petits yeux noirs. Il a transmis de la joie. La joie d’avoir reçu inopinément la visite d’un de ses anciens élèves cet après-midi-là : une vingtaine de ses élèves s’étaient présentés chez elle sans le prévenir, avaient appelé à l’interphone et étaient venus lui rendre visite avec quelques plateaux de pâtisseries. Elle les avait accueillis à bras ouverts en mettant à leur disposition le salon de la maison, qu’elle gardait comme s’il s’agissait d’une sainte relique. Ses enfants étaient là, grands, presque des hommes, presque des femmes. Elle a immédiatement préparé un chocolat chaud et s’est assise parmi eux pour écouter les histoires individuelles une à une…”

La lecture de cette page ouvre votre cœur : une enseignante âgée, une mère, qui reçoit la visite d’un groupe scolaire. Mais le cœur du lecteur s’est serré à plusieurs reprises avant d’être éclairé par cette histoire.

Aldo Cazzullo (photo de Carlo Furgeri Gilbert).

Parce que dès le titre Histoires bâtardes c’est un livre difficile (publié par un petit éditeur historique comme Avagliano). Même si son auteur, Davide Desario – responsable du site de Messagerdirecteur de j’ai luaujourd’hui directeur d’AdnKronos -, est un journaliste généreux et un homme doux.

«Histoires bâtardes» de Davide Desario (Avagliano Editore).

Ostie, comme le dit Francesca Fagnani dans la préface, est la « mer low cost » des Romains. Et à Ostie, même le fils d’un enseignant grandit dans la rue. Défendre le ballon du chef du gang Magliana, Maurizio Abbatino, qui voulait le lui voler.

Annoncer, en tant que jeune reporter, la mort d’un ami d’enfance, Justinien, suite à une overdose. Vivre dans l’équilibre entre la jeunesse rassurante rythmée par le sport à la télé et le drame imminent, qui finit par distinguer les submergés et les sauvés. Un livre qui m’a ému, et pas seulement pour des problématiques générationnelles.

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