R.Osella lit De sang-froid par Truman Capote. Elle n’est pas seule, lisant avec elle il y a six autres personnes, toutes des femmes, âgées entre 52 et 58 ans : Stefania, Benedetta, Cinzia, Carlotta, Stefania et Simona. Ils se sont rencontrés au travail et entre une réunion et un café à la machine ils ont découvert leur passion commune pour la lecture. De là, il n’y a qu’un pas vers l’idée de créer un club de lecture.

Un club littéraire pour team building

Vingt ans se sont écoulés depuis que Rosella et ses amis se sont rencontrés pour la première fois. Depuis, le club (on l’appelait toujours ainsi) est devenu une façon agréable de se voir, de discuter, de mieux se connaître faire du team building : “Nous avons pensé que nous allions trouver un moment pour discuter de quelque chose de plus que la vie professionnelle quotidienne.” – dit Rosella, qui travaille dans une agence de l’administration publique.

« Nous aimons tous lire, alors nous avons pensé partager la lecture d’un livre et nous retrouver une fois par mois pour le commenter. Nous étions collègues ou l’avions été. Certains d’entre nous ne travaillent plus au même endroit mais l’amitié demeure, consolidée par des années de fréquentation, dont le groupe de lecture est une des formes.».

Groupes de lecture, recherche PDE

Les groupes de lecture sont des constellations nombreuses et discrètes. Il n’y a pas d’inventaire, les compter tous est une tâche difficile. La PDE, la Société de Promotion Éditoriale au service de l’édition indépendante, a tenté qui a lancé un appel aux armes il y a des mois. Les résultats ont été surprenants : Plus de 800 groupes ont été enregistrés jusqu’à présent, dont la majorité se trouvent dans le nord. Si d’un côté les données d’Eurostat présentent une nation qui lit peu (l’Italie est l’avant-dernier pays de l’UE), les clubs disséminés dans la péninsule démontrent exactement le contraire.

La lecture n’est pas une expérience solitaire

La lecture, c’est bien connu, aide à s’identifier à l’histoire de quelqu’un d’autre et à creuser son propre monde intérieur, à la recherche d’émotions qu’il est naturel de partager.

Groupes de lecture à la bibliothèque. (Getty Images)

C’est pourquoi du nord au sud, dans les maisons, les bibliothèques, les parcs et les librairies, chaque mois des gens de tous âges se réunissent pour lire des essais, des classiques, des auteurs peu connus, des livres de genres émergents publiés par de petites maisons d’édition, donnant lieu à d’intéressants échanges de vues, comme l’explique Giovanni Solimine, bibliographe et président de la Fondation Bellonci : «La lecture n’est pas nécessairement une expérience solitaire. La lecture est une activité qui s’exerce parfois seul mais qui reste un moyen de communiquer, entrer en contact avec d’autres époques, d’autres environnements, d’autres vies, en donnant l’hospitalité aux personnages d’une histoire. Si cette activité est réalisée avec d’autres, l’expérience s’enrichit et chacun apprécie les émotions qui naissent de la lecture des autres. C’est pourquoi les groupes de lecture connaissent un grand succès.” conclut Solimine.

La lecture partagée favorise la sociabilité

Le groupe est une incitation à lire, à ouvrir l’esprit et à accroître la communauté de lecteurs forts. La lecture partagée permet aussi de sortir de sa zone de confort et de s’interroger sur ses propres goûts, en choisissant des textes qu’on ne choisirait pas individuellement.

En plus de cela, cela sert également à encourager les relations sociales : « Un avantage est certainement de donner à la lecture un aspect social. Nous sommes aussi devenus amis, dans un certain sens. Nous nous inquiétons si quelqu’un manque, c’est tout.” – commente Raffaella Lops, rédactrice de profession et après des années passées à travailler sur des livres d’un point de vue éditorial, il ressent le besoin d’avoir un contact direct avec les lecteurs. En 2021, il fonde, avec sa collègue Marzia Grillo, le groupe de lecture qui se réunit chez Tomo, une librairie indépendante à Rome : « Une des forces du groupe est la transversalité des âges. Un groupe farouchement inégal. L’inconvénient est qu’il faut finir des livres qu’on laisse parfois derrière soi. »

Mot clé : flexibilité

La longévité du club de Rosella le prouve Pour maintenir un club de lecture vivant, vous devez faire preuve de flexibilité : «Notre club est assez libre, non formalisé par des règles rigides. Nous avons commencé par nous voir une fois par mois mais il arrivait aussi qu’un mois et demi s’écoule entre une rencontre et une autre. Pour lire vingt ans ensemble, il faut s’adapter aux temps et aux moments de chacun. La seule règle que nous respectons est de terminer le livre, peu importe le temps que cela prend.”

La flexibilité concerne également le choix des genres. Il n’est pas facile de concilier les goûts de chacun, à moins que le groupe ne soit volontairement monothématique : « Notre groupe est un groupe qui lit de la fiction contemporaine. Plus qu’un voyage thématique, nous sommes intéressés par la lecture de livres qui portent un regard sur la littérature mondiale. – commente Raffaella Lops – En fin de compte, cependant, c’est toujours une lutte pour savoir quel livre choisir chaque mois. Les critères varient également de temps en temps. »

La beauté de la lecture en groupe, c’est aussi ça : découvrir que l’on a les mêmes goûts ou l’existence d’un livre que l’on n’aurait jamais lu. Et se faire proposer par quelqu’un d’autre est une forme d’enrichissement.

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