Le recours étant accueilli, la question reste pour le Conseil du contentieux des autorisations si le gouvernement flamand a suffisamment pris en compte les dépôts d’azote de l’usine située dans une zone Natura 2000 lors de l’octroi de l’autorisation. Il s’agit de l’Escaut occidental et du Land van Saeftinghe en Zélande et du Brabantse Wal. Après des discussions ces dernières semaines, les provinces frontalières ont décidé de retirer leur demande de suspension, demandant au juge flamand d’arrêter immédiatement la construction avant que le permis ne soit examiné.

Vendredi 8 novembre, Matthias Diependaele, Premier ministre flamand, s’est rendu au siège du gouvernement provincial à Middelburg en compagnie des ministres flamands Annick de Ridder (Ports) et Jo Brouns (Environnement). Là, ils se sont entretenus avec le commissaire du roi de Zélande Hugo de Jonge, le député Wilfried Nielen (Azote) et les députés brabançons Saskia Boelema (Eau et Sol) et Wilma Dirken (Azote).

Après cet entretien, la Zélande et le Brabant septentrional ont annoncé qu’ils reporteraient l’ensemble de la procédure judiciaire jusqu’à la durée des discussions ultérieures avec la Flandre. Pourtant, l’appel n’a jamais été reporté, a déclaré un porte-parole de la province du Brabant-Septentrional, même si cela a été communiqué de cette manière par hasard.

Seule la demande de suspension a été annulée, même si la province affirme qu’elle pourrait y recourir si les négociations échouent. Ces dernières semaines, le Brabant septentrional a constaté une “volonté positive” lors des consultations avec la Flandre pour parvenir à de nouveaux accords sur l’usine Ineos et les problèmes transfrontaliers d’azote en général.

Précipitations d’azote

La résistance juridique des provinces frontalières dure depuis deux ans et demi. La Zélande et le Brabant septentrional ont déjà fait appel d’un permis antérieur à l’été 2022. Les provinces ont été justifiées car le gouvernement flamand et Ineos n’ont pas pu démontrer que les plantes et les animaux du Brabantse Wal, comme le pic noir, ne souffriraient pas des précipitations d’azote provenant de l’usine.

La résistance des provinces frontalières sème l’animosité en Flandre. Le ministre du Port De Ridder, ancien échevin du port d’Anvers, a qualifié d'”hallucinatoire” le choix d’une nouvelle procédure d’appel par la Zélande et le Brabant-Septentrional et la demande de suspension d'”acte de pure agression”.

Pour la Flandre, l’usine Ineos est “l’investissement du siècle”, selon la Nouvelle Alliance flamande conservatrice-libérale (N-VA), le plus grand parti du gouvernement flamand. Il y a cinq ans, les Pays-Bas ont tenté en vain d’implanter l’usine à Rotterdam.

L’usine qu’Ineos construit est ce qu’on appelle un craqueur d’éthane, où sont fabriqués des éléments de base pour le plastique. A Anvers, le processus de production sera exceptionnellement “vert”, affirme Ineos : selon le groupe chimique, le CO2-les émissions peuvent être réduites à un cinquième des émissions des craqueurs d’éthane les plus durables du moment grâce à des techniques modernes.

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