Un postpunk qui résonne dans l’oreille, dans le pied et aussi dans la tête.
Ce qui est remarquable chez Messer, c’est sa tête de Janus : Hendrik Otremba et ses collègues musiciens envoient de la pop dans le sens où il y a beaucoup de choses qui coulent sur les surfaces, leurs chansons scintillent comme de la glace éclairée par des néons. C’est une esthétique sur laquelle on peut patiner.
En même temps, cette surface de glace est sillonnée de mille scratchs qui contiennent des traces de dub, de (no)wave et de shoegaze, et dans lesquels d’autres musiciens se sont installés : la liste des invités s’étend de Mille Petrozza à ses parents par le batteur Philipp Wulf, qui est responsable des sections de cuivres dans certains endroits.
Il est étonnant que cette diversité ne s’effiloche que de manière contrôlée. Quelques « eo-eos » lancés avec désinvolture et un fond vocal qui semble venir de la pièce voisine dans le joyeux « Der Atem ». Sentiment irrégulier dans « Oswalth (1 2 3 4) », un « Hey » tout aussi irrégulier dans « Taucher (Für Smukal) ». Mais aussi : étonnement vacillant dans « In the False Dream » et gravitas dans « Grabeland » : tout cela se fond dans une cohérence totale et s’entremêle aux slogans fantaisistes d’Otremba pour créer une musique qui atteint vos oreilles, votre tête, vos pieds. Exaltant.
Vous pouvez découvrir quels albums sortiront en mars 2024 via notre liste de sorties mensuelles.

