La Loi fondamentale peut-elle être protégée de manière étanche ?
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Lorsque le Conseil parlementaire s’est réuni le 1er septembre 1948 pour rédiger la Loi fondamentale, il a cherché à tirer les leçons des erreurs de la République de Weimar. L’objectif était de stabiliser la démocratie et de la rendre moins vulnérable aux crises grâce à de nombreux mécanismes de sécurité.
Par exemple, les dissolutions parlementaires ont été rendues plus difficiles, le rôle du président fédéral a été limité et le pouvoir a été réparti entre différentes épaules. Mais les inquiétudes concernant le succès électoral des populistes autoritaires en Allemagne ont une fois de plus déclenché un débat sur la stabilité de notre Loi fondamentale. Également avec des suggestions pour sécuriser les organes de contrôle tels que la Cour constitutionnelle fédérale.
En 1948, des hommes politiques et des experts ont jeté les bases d’une nouvelle constitution allemande. Sur les débuts de la Loi fondamentale.10 août 2023 | 1:17 minutes
La justice et les médias dans le viseur des dirigeants autoritaires
Les avocats du portail Constitution Blog étudient la vulnérabilité de la démocratie. Dans le « Projet Thuringe », ils conçoivent différents scénarios autour du succès électoral fictif d’un parti autoritaire lors d’élections nationales.
Ce qui est perfide, c’est que le démantèlement des garanties démocratiques se produit généralement progressivement, sans violation manifeste de la loi ou de la Constitution.
Des élections auront lieu en Thuringe à l’automne. L’AfD estime avoir de bonnes chances de prendre le pouvoir. 01/08/2024 | 2:17 minutes
Point faible : l’élection des juges constitutionnels fédéraux
Et la Constitution allemande présente également des points faibles. L’un d’entre eux concerne les plus hauts gardiens constitutionnels eux-mêmes. Le rôle de la Cour constitutionnelle fédérale est inscrit dans la Loi fondamentale et ne peut être modifié qu’avec des majorités constitutionnelles. Cependant, la structure et la procédure d’élection des juges sont réglementées par une loi simple.
Cela signifie qu’ils pourraient également être ajustés à la majorité simple au Bundestag. Par exemple, si le tribunal devait être élargi grâce à une telle loi, de nombreux nouveaux postes judiciaires pourraient être pourvus d’un seul coup par du personnel affilié au parti. La Cour constitutionnelle fédérale serait effectivement paralysée en tant qu’autorité de contrôle.
Exigences de protection dans la Loi fondamentale
C’est l’une des raisons pour lesquelles des voix s’élèvent actuellement pour que la Cour constitutionnelle soit mieux sécurisée. Les directeurs parlementaires du groupe parlementaire SPD, Johannes Fechner, et du groupe parlementaire FDP, Stephan Thomae, ont récemment suggéré que des aspects importants de l’élection des juges et de la structure du tribunal soient ancrés dans la Loi fondamentale elle-même. Celles-ci ne pourraient alors être modifiées qu’à la majorité des deux tiers.
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Un ancien juge constitutionnel estime que ce projet n’est pas réalisable
C’est pour cette raison que l’ancien juge constitutionnel Peter M. Huber se montre sceptique quant à de tels projets. La discussion sur la garantie de la Cour constitutionnelle dure depuis longtemps, déclare-t-il à ZDF. Toutefois, de telles propositions auraient des inconvénients.
La République fédérale n’est pas un État souverain et n’a pas de constitution ; il n’y a jamais eu de traité de paix. Pourquoi continuons-nous à tomber sur ces mythes ?7 mai 2023 | 13h35
La Loi fondamentale prévoit suffisamment d’autres instruments contre les partis anticonstitutionnels.
Quoi qu’il en soit, Huber ne croit pas qu’une constitution puisse être étanche. Ce qui compte est de savoir si les citoyens soutiennent la Constitution et lui donnent vie.
Jan Henrich est rédacteur au sein de l’équipe éditoriale de ZDF Law and Justice.