Cette fois, les photos d’autoroutes remplies de tracteurs, de machines agricoles couvertes de pancartes de protestation et d’agriculteurs en colère ne viennent pas des Pays-Bas. Pas même d’Allemagne, de Roumanie, de Pologne ou du Canada. Depuis jeudi 18 janvier, les agriculteurs descendent dans la rue en France.
Dizaines agriculteurs bloquent depuis jeudi dernier l’autoroute A64, juste en dessous de Toulouse. Et depuis, la protestation des agriculteurs s’est propagée comme une traînée de poudre. Jeudi soir, un “comité d’action” de vignerons a fait exploser un explosif à la direction régionale de l’environnement de Carcassonne. Lundi soir, les barrières ont été abattues à plusieurs endroits gares de péage. Depuis mardi, les routes sont également bloquées dans d’autres localités du pays.
Les agriculteurs réagissent à la suppression d’un réduction fiscale sur un type spécial de diesel qui est utilisé pour le matériel agricole. Mais ce n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Depuis des mois, les agriculteurs voient leurs coûts augmenter : non seulement pour le carburant, mais aussi pour des choses comme les aliments pour animaux et les semences. Tandis que les supermarchés et les entreprises agricoles auxquels ils vendent leurs produits continuent de payer des marges minimes.
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Et il y a eu d’autres griefs depuis des années. Les agriculteurs français estiment qu’ils sont soumis à trop de réglementations – on cite souvent l’exemple des quatorze réglementations à respecter avant d’installer une haie. Et surtout, l’augmentation des réglementations environnementales suscite la colère – de là Interdiction française sur l’utilisation de néonicotinoïdes dans la culture de la betterave sucrière aux règles européennes telles que l’obligation pour les agriculteurs de laisser 4 pour cent de leurs terres en jachère pour stimuler la biodiversité.
La droite radicale veut profiter
Les syndicats affirment vouloir contribuer à la transition climatique, mais estiment que les agriculteurs subissent un fardeau disproportionné et sont insuffisamment rémunérés. Que le secteur est sous pressionpersonne ne peut le nier : en dix ans, 100 000 exploitations françaises ont fermé et entre 2007 et 2021, la France est passée de la deuxième à la cinquième place mondiale des exportations agricoles.
En réponse aux protestations, le gouvernement a… projet de loi sur l’agriculture reporté et une « simplification » des règles promise. On ne sait pas exactement ce que cela signifie – une raison pour les agriculteurs de continuer à manifester. Ils ont un élan supplémentaire en raison d’un drame survenu en marge des manifestations : mardi matin, une agricultrice de 36 ans a été tuée alors qu’elle, son mari et sa fille Lave le à un barrage routier à Pamiers, dans le sud du département de l’Ariège. Sa fille de 12 ans décédé mardi soir dans un hôpital; son mari a été grièvement blessé. Depuis l’accident, les protestations des agriculteurs sont au centre de l’actualité.
Pendant ce temps, le parti de droite radicale, le Rassemblement National, tente de se présenter comme l’avocat des agriculteurs défavorisés. Président Jordan Bardella se présente aux manifestations pour exprimer son soutien aux agriculteurs – profitant du sentiment anti-européen qui prévaut et en vue des élections européennes de juin. Les médias de droite radicale sont également pro-agriculteurs : la chaîne de télévision C News et le journal Le Journal du Dimanchetous deux détenus par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, ont leur logo s’est retourné en signe de soutien. Après tout, retourner le drapeau, comme c’est souvent le cas aux Pays-Bas, n’est pas si efficace en France.
Ce message a été mis à jour mardi soir à 22h30. Le décès de la fille de 12 ans a été ajouté.
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