Les points clés

  • Le champ d’application
  • Les consommateurs sur le pied de guerre
  • Obligations du fournisseur

Le marché libre de l’énergie n’est peut-être pas aussi libre. À partir du 1er janvier, le nouveau couperet pour les clients nationaux et les petites entreprises prend la forme d’une pénalité de retrait anticipé. Traduit : si sur le marché de l’électricité vous souhaitez changer de fournisseur avant l’expiration du contrat, vous risquez de payer un surcoût.

Le champ d’application

Le pouvoir des énergéticiens d’appliquer ces redevances concernera exclusivement les contrats à durée déterminée, généralement 12 ou 24 mois, et à prix fixe. Toutefois, les pénalités peuvent également trouver leur place dans les contrats à durée indéterminée si ceux-ci présentent un prix forfaitaire pour une durée donnée, limitée à cette durée. Les nouvelles règles sont définies par une résolution Arera du 6 juin qui s’appuie sur la « directive électricité » européenne de 2019, déjà mise en œuvre en 2021 par notre Parlement.

Les consommateurs sur le pied de guerre

Un danger pour les consommateurs qui s’inscrit dans une période délicate de transition du marché protégé vers le marché libre, avec la fin de la protection fixée au 10 janvier pour le gaz et au 1er juillet pour l’électricité. Les réactions des associations de consommateurs ont été véhémentes. Le consumérisme qualifie les sanctions d’« absurdes » et pointe du doigt des « conditions contraignantes » face à un « libre marché tant vanté ». Une mesure “en faveur des opérateurs qui ne veulent plus assumer le risque de marché, désormais entièrement répercuté sur le consommateur final”. Codacons annonce un recours auprès du Tribunal administratif régional du Latium contre la résolution Arera, qualifiant les accusations d’« illégitimes » et en même temps émettant l’hypothèse d’un « recours collectif au nom de tous les utilisateurs injustement lésés ». Assoutenti demande l’intervention de l’Antitrust et de Monsieur Prezzi, expliquant que ces sanctions « auraient pu avoir un sens avant la crise énergétique, quand il n’y avait pas de volatilité et de hausse des tarifs » mais « dans le contexte actuel, elles détournent la concurrence en empêchant les consommateurs de se tourner vers des offres plus pratiques ». L’Union nationale des consommateurs accuse le Parlement italien de «vouloir se placer du côté des entreprises énergétiques et non celui des familles, au mépris de la libre concurrence, qui assure une parfaite mobilité du consommateur».

Obligations du fournisseur

Les fournisseurs, précise Arera, auront cependant diverses obligations à respecter comme celle d’indiquer “clairement”, dans son montant maximum, tout frais, qui devra être “spécifiquement approuvé et signé par le client”. Il ne semble pas encore clair quel pourrait être le montant d’une pénalité, mais l’autorité précise que “la somme demandée doit, en tout état de cause, être proportionnée et ne peut excéder la perte économique résultant du retrait anticipé”. Il incombe au vendeur de prouver l’existence et l’étendue de la perte.

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