Les Défis de l’Indépendance du Monténégro et son Chemin vers l’UE
Le Monténégro célèbre son indépendance non pas le jour de sa déclaration, mais le 21 mai, date du référendum ayant abouti à son autonomie, il y a 20 ans. À cette époque, la victoire a été très serrée : 55,5 % des votants ont choisi l’indépendance, dépassant à peine le seuil nécessaire de 55 %.
Des identités divisées
Le Monténégro est aujourd’hui un pays aux identités plurielles. Environ 30 % de sa population se considère comme Serbe, tandis que 40 % se disent Monténégrins. Cette division est un vestige des tensions historiques, exacerbées par un référendum qui a aiguisé les esprits.
Le spécialiste Zlatko Vujovic affirme que ces luttes ont façonné une société où deux blocs se disputent la vision d’un Monténégro souverain. Certains groupes défendent une tradition monténégrine, tandis que d’autres se voient comme les frères et sœurs de la Serbie.
Un Monténégro sur la voie de l’UE?
Depuis 2023, le Monténégro est dirigé par le jeune Premier ministre pro-européen Milojko Spajic. Son ambition ? Intégrer l’Union européenne d’ici 2028. Spajic met en avant des avancées notables dans les négociations, ayant déjà ouvert 33 chapitres sur les 14 à présent finalisés.
Les critiques de l’expert
Toutefois, des voix sceptiques comme celles de Vujovic s’élèvent. Les critères d’adhésion paraissent trop exigeants, et les avancées demeurent fragiles. Il souligne que les exigences liées à la corruption et à l’État de droit, représentées dans les chapitres 23 et 24 des négociations, constituent des obstacles majeurs.
Réformes et lutte contre la criminalité
La lutte contre la corruption et le crime organisé est cruciale pour le Monténégro. Malgré quelques progrès récents dans l’arrestation de personnalités liées au crime, comme l’affirme l’avocat Veselin Radulovic, de réelles réformes restent à prouver. Les liens entre politique et criminalité persistent, et la crise de la justice inquiète encore du fait de l’influence de cliques criminelles sur les institutions.
Le rapport de l’Organisation mondiale de la justice indique que le Monténégro pourrait bien se situer en meilleure position que certains membres actuels de l’UE, mais la nécessité de mesures concrètes pour récupérer les avoirs corrompus n’est toujours pas satisfaite.
Vers l’avenir
La dernière étape vers l’adhésion pourrait être marquée par le sommet de l’UE sur les Balkans occidentaux, prévu prochainement au Monténégro, un signe des intentions sérieuses de l’UE à envisager l’intégration. Une adhésion qui, selon certains experts, pourrait être plus liée à des considérations géopolitiques qu’à des réalités internes.
Au final, alors que le Monténégro célèbre deux décennies d’indépendance, son chemin vers l’UE reste semé d’embûches. Il devra faire preuve de détermination pour espérer satisfaire les attentes européennes et s’affirmer comme une nation souveraine dans un complexe environnement balcanique.

