
Quand l’IA devient le prétexte idéal pour licencier
La réalité des licenciements chez Block
La récente vague de licenciements chez Block soulève des questions sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) comme justification pour réduire les effectifs. Selon Zamost, qui a dirigé divers départements chez Block, les postes supprimés ne correspondent pas aux tâches que l’IA est réellement capable d’accomplir. Les départements clés, tels que ceux liés à la diversité et à l’inclusion, ainsi que les fonctions relationnelles, ont été touchés, laissant perplexes les experts qui reconnaissent que ces missions requièrent des compétences humaines.
Un calendrier troublant
Les circonstances entourant ces licenciements sont également inquiétantes. En février, Block annonçait déjà une réduction de 10% de ses effectifs, invoquant des performances individuelles comme raison. Étonnamment, les outils d’IA étaient déjà en place à cette époque. Un mois plus tard, la situation a dramatiquement changé avec l’annonce d’une réduction de 40% des effectifs, justifiée cette fois par l’impact de l’IA. Cette incohérence soulève des interrogations sur les véritables motivations derrière ces décisions.
Un contexte financier révélateur
L’historique financier de Block éclaire davantage la situation. Entre 2019 et 2022, la société a triplé son personnel, passant de 4,000 à 13,000 employés. Ce gonflement des effectifs, caractéristique de la période post-pandémique, pourrait expliquer les difficultés financières rencontrées. L’action de Block a chuté de 40% depuis début 2025. Un analyste de Financial Technology Partners souligne que le problème n’est pas l’IA, mais un effectif surdimensionné accumulé au fil des ans.
L’IA comme écran de fumée
Cette tendance à utiliser l’IA comme justification pour des licenciements n’est pas isolée. Sam Altman, le PDG d’OpenAI, a reconnu que certaines entreprises exploitent l’IA comme un écran de fumée pour réduire leurs coûts et justifier des licenciements prévisibles. Selon Goldman Sachs, l’impact de l’IA sur l’emploi est bien mince, estimant qu’elle ne conduit qu’à la suppression de 5,000 à 10,000 emplois par mois aux États-Unis, tous secteurs confondus. Dans ce contexte, attribuer 4,000 licenciements à un facteur unique comme l’IA semble peu probable.
Conclusion : un avenir incertain
La situation chez Block illustre une stratégie plus large observée dans de nombreuses entreprises, où l’IA est utilisée pour masquer des réformes difficiles mais nécessaires. À l’avenir, il sera crucial pour les travailleurs de se préparer et de s’adapter à un marché du travail en constante évolution, tout en gardant un œil critique sur les justifications avancées par leurs employeurs pour des coupes d’effectifs. Le dialogue autour de l’IA et de sa véritable influence sur l’emploi n’est pas près de s’éteindre.



