C’est une « **fierté française** » et une « **inspiration mondiale** » selon Emmanuel Macron. Mais le nouveau prix Nobel d’économie français, **Philippe Aghion**, vient de plaider pour que la **réforme des retraites** des macronistes soit « **stoppée** » jusqu’à la prochaine élection présidentielle.
« Je pense qu’il faut arrêter l’horloge maintenant jusqu’aux élections présidentielles. C’est-à-dire qu’on est à **62 ans et 9 mois**, on stoppe à **62 ans et 9 mois** jusqu’aux élections présidentielles », a-t-il affirmé ce lundi soir au JT de **France 2**, considérant que « c’est la façon de **calmer les choses** » et que « ça ne coûte pas très cher de stopper ». Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de tension sociale autour de cette réforme, qui a suscité de vives réactions dans le pays.
« Ça ne veut pas dire que la **réforme** est supprimée », a poursuivi Philippe Aghion, qui a rappelé avoir « toujours été pour un **63 ans plus revoyure** ». « Ça veut dire que si rien ne se passe, ça reprend en **2027** ». Cette nuance dans son discours souligne la complexité des enjeux liés à cette réforme, qui pourrait avoir des répercussions importantes sur le système des retraites en France.
Philippe Aghion, interrogé par **Léa Salamé**, a en revanche rappelé son désaccord avec la **taxe Zucman**. « Je pense qu’il faut qu’il y ait un effort des hauts patrimoines, mais je ne veux pas toucher l’**outil productif** et je ne veux pas toucher ceux qui cherchent à **innover** », a défendu Philippe Aghion. Il a toutefois considéré qu’il y avait un « **abus des holdings familiales** ». « Ça, il faut taper là-dessus », selon lui, ce qui montre sa préoccupation pour un équilibre entre la justice fiscale et le soutien à l’innovation.
« Dérive vers la droite »
Proche du président français depuis qu’ils se sont rencontrés en **2007**, Philippe Aghion a aidé Emmanuel Macron à élaborer son programme **économique**, avant de critiquer dans **Libération** en 2024 « une **dérive vers la droite** » et un pouvoir « **vertical** ». Ses propos mettent en lumière les tensions au sein même de la majorité présidentielle, où des voix s’élèvent contre une orientation jugée trop conservatrice.
Philippe Aghion a tout de même approuvé nombre de réformes ou de projets de réforme de libéralisation d’Emmanuel Macron – comme la « **flat-tax** », l’**impôt forfaitaire sur les revenus du capital**, ou le remplacement de l’**impôt sur la fortune** (ISF) par l’**impôt sur la fortune immobilière** (IFI). Ces choix témoignent d’une vision libérale de l’économie, ancrée dans une perspective de croissance à long terme.
L’annonce ou non de la suspension de la réforme des retraites se fera a priori ce **mardi** au moment de la déclaration de **politique générale** du Premier ministre. Ce sera déterminant pour la survie du nouveau gouvernement, puisque les **socialistes** ont annoncé voter la **censure** s’ils n’obtiennent pas cette avancée. La pression politique est donc à son comble, et toute décision pourrait avoir des répercussions majeures sur la stabilité du gouvernement.
Le **prix Nobel d’économie** décerné à Philippe Aghion ce lundi est venu récompenser ses travaux d’inspiration **schumpétérienne** sur la **croissance** et l’**innovation**, développés avec **Peter Howitt** dans l’ouvrage **« Théorie de la croissance endogène »** (1998). La France n’avait pas décroché le prix Nobel d’économie depuis **Esther Duflo** en 2019. Cette reconnaissance internationale renforce la stature de la France sur la scène économique mondiale et réaffirme l’importance de la recherche en sciences économiques.
La postura de Philippe Aghion sur la réforme des retraites, soutenue par son récent prix Nobel, marque une étape cruciale dans le débat économique en France. La tension entre innovation et réforme, ainsi que les ارتباطات politiques en jeu, soulignent la complexité des décisions à venir pour le gouvernement d’Emmanuel Macron et pour l’avenir économique du pays.


