Leur alliance était spectaculaire et intense, leur rupture l’est tout autant : Donald Trump et Elon Musk se sont déchirés publiquement, ce jeudi, s’accusant de « folie » pour l’un, « d’ingratitude » pour l’autre.
Le président américain a assuré, sur son réseau Truth Social, qu’il avait mis fin à la mission budgétaire d’Elon Musk, selon lui « devenu fou » à cause d’une décision défavorable aux véhicules électriques . « Le plus simple pour économiser des milliards et des milliards de dollars dans notre budget serait d’annuler les subventions et contrats gouvernementaux » du patron de Tesla et SpaceX , a-t-il menacé, dans un autre message sur la même plateforme.
La joute a envoyé par le fond l’action Tesla , qui a perdu des dizaines et des dizaines de milliards de capitalisation à New York . Elon Musk a répondu à ces menaces en annonçant qu’il allait mettre hors service son vaisseau spatial Dragon , utilisé notamment par la Nasa pour acheminer des astronautes vers la Station spatiale internationale ( ISS ). Sans la capsule Dragon, dans laquelle peuvent être acheminées des personnes comme du matériel, l’Agence spatiale américaine, la Nasa, se retrouverait sans moyen d’assurer ces transports depuis le sol américain. Le prochain lancement d’équipage prévu est la mission Axiom-4 , mardi prochain, au cours de laquelle une capsule Crew Dragon doit transporter des astronautes indiens, polonais et hongrois vers l’ISS.
Tir de barrage
Depuis que l’homme le plus riche du monde a lancé, la semaine dernière, un tir de barrage contre un mégaprojet de loi budgétaire de Donald Trump, ce n’était sans doute qu’une question de temps avant que le divorce ne soit véritablement consommé.
C’est pendant une réunion dans le Bureau ovale avec le chancelier allemand Friedrich Merz , réduit au rôle de figurant muet, que le président américain a acté la rupture. Pendant un échange avec les journalistes, retransmis en direct, Donald Trump s’est dit « très déçu » par le multimilliardaire. « Elon et moi avions une bonne relation. Je ne sais pas si c’est encore le cas », a-t-il lancé, à propos de son ancien « conseiller spécial », qui a quitté, vendredi, la mission de réduction des dépenses publiques qu’il menait à la Maison Blanche. Sur son réseau social X , l’entrepreneur hyperactif a répliqué instantanément.
« N’importe quoi »
« N’importe quoi », a écrit Elon Musk, en commentaire d’une vidéo de Donald Trump affirmant, déjà, que sa colère était due à la perte de subventions pour les véhicules électriques. « Faux », a-t-il posté, ensuite, au-dessus d’un extrait dans lequel le président américain assure que l’entrepreneur connaissait par avance le contenu du texte. Une « grande et belle loi » selon Donald Trump, une « abomination désastreuse pour les finances publiques » selon le patron de Tesla et SpaceX. Le multimilliardaire, qui a très généreusement financé la campagne républicaine en 2024, a affirmé que « Trump aurait perdu l’élection » sans lui et l’a accusé d’« ingratitude ». Dans le Bureau ovale, Donald Trump dépeint son ancien allié en amoureux éconduit. « Il disait les choses les plus belles à mon propos », rappelle-t-il. « Les gens quittent notre gouvernement, ils nous aiment, et à un certain moment cela leur manque tellement… Et certains d’entre eux deviennent hostiles », poursuit le républicain.
« Nouveau parti politique »
Dès l’entrée tonitruante d’Elon Musk dans la campagne de Donald Trump, l’an dernier, les doutes ont surgi sur la longévité de la relation entre ces deux hommes impulsifs, tous deux affamés d’attention. Pendant des semaines, l’idylle a semblé parfaite. Donald Trump a défendu son allié face aux critiques sur ses méthodes brutales, et même organisé une opération de promotion pour la marque Tesla à la Maison Blanche. Elon Musk a, lui, qualifié le président de « roi », le jour de son investiture, et porté une casquette siglée « Trump avait raison sur tout » au conseil des ministres. Mais les tensions ont grandi entre le multimilliardaire, très impopulaire, et les ministres ou conseillers du Président. Pour certains experts, ce qui pourrait avoir scellé le sort d’Elon Musk ne s’est pourtant pas passé à Washington mais dans le Wisconsin , à l’occasion d’une élection récente à la Cour suprême locale. Le patron de Tesla s’est lourdement impliqué pour tenter de faire élire un juge conservateur mais la candidate des démocrates qui l’a emporté, largement. Donald Trump, qui déteste être associé à la défaite , a forcément suivi avec attention cette première aventure politique en solo d’Elon Musk. Lequel n’a visiblement pas été dégoûté. Le natif d’ Afrique du Sud , qui ne peut se présenter à la Maison Blanche puisqu’il a été naturalisé, a demandé jeudi sur X s’il n’était pas « temps de créer un nouveau parti politique » aux États-Unis.
In a world where powerful alliances can quickly turn into public feuds, the discord between Donald Trump and Elon Musk serves as a poignant reminder of the volatile nature of political relationships. Both men, renowned for their ambition and influence, have seen their friendship unravel over economic policies and personal grievances. As their conflict escalates, it raises questions about the future of political alliances in America and the potential impacts on their respective domains of influence.

